Nucléaire : "Hinkley Point se fera, pour continuer à avoir de l'électricité bon marché"

  • A
  • A
Partagez sur :

Le PDG d'EDF a réaffirmé lundi sur Europe 1 sa détermination dans le projet nucléaire anglais d'Hinkley Point et a défendu le coût peu élevé de cette énergie pour le consommateur. 

INTERVIEW

Le projet controversé d'EPR à Hinkley Point "se fera". Le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy affiche sa détermination lundi pour mener à bien ce projet à 23,2 milliards d'euros en Angleterre. "C'est un projet indispensable à la filière nucléaire française. Si nous voulons continuer à avoir du nucléaire en France, il faut faire Hinkley Point. Les coûts sont parfaitement maîtrisés, connus. Le projet est très rentable, il est mûr", défend-il sur Europe 1.

Un projet "porteur d'emplois". Pourtant, en mars dernier, le directeur financier du groupe Thomas Piquemal avait démissionné après un désaccord avec le PDG et s'inquiétait de l'ampleur de ce projet face à la situation financière d'EDF. Pour Jean-Bernard Lévy, ce projet est surtout "porteur d'emplois, d'indépendance technologique pour la France. Comment faire du nucléaire en France ou à l'étranger si nous-mêmes ne sommes pas suffisamment confiants ?" s'interroge-t-il.

Le nucléaire permet "cette électricité bon marché". Hinkley Point fait partie "des investissements importants à faire pour l'avenir, pour que les Français continuent à avoir cette électricité bon marché", poursuit-il. Pour lui, il s'agit du meilleur argument en faveur du nucléaire : "Je rappelle qu'un ménage allemand paye 80% plus cher l'électricité qu'un ménage français. Hinkley Point se fera parce que nous en avons tous besoin", appuie le dirigeant du groupe. 

Malgré tout, EDF poursuivra les objectifs de l'Etat. Dans la loi de transition énergétique, le gouvernement a prévu une réduction de la part du nucléaire de 75% à 50% d'ici 2025. "Nous ferons ce que le gouvernement décidera", concède-t-il mais pour l'heure EDF ne prévoit pas "de fermer d'autres réacteurs que les réacteurs de Fessenheim". La fermeture de la plus ancienne centrale française doit être effective lors de la mise en place de la centrale de Flamanville, prévue fin 2018.