Nord : l'usine TIM menacée, les 471 salariés "n'en peuvent plus"

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Les 471 salariés de l'usine TIM, près de Dunkerque, se sentent oubliés. Leurs emplois sont menacés, et ils regrettent aujourd'hui qu'on n'ait pas davantage parlé de leur détresse.

REPORTAGE

Alors que tous les yeux sont rivés sur La Souterraine et les salariés de GM&S, d'autres se battent aussi pour conserver leurs emplois. Près de Dunkerque, à Quaëdypre, l'usine TIM, qui fabrique des cabines d'engins pour les entreprises du BTP, risque la liquidation judiciaire. Ses 471 salariés devraient être fixés sur leur sort mercredi, et autant d'emplois indirects sont menacés. 

La gestion de l'entreprise mise en cause. Aujourd'hui, l'usine entourée par des champs est quasi déserte. À l'entrée, des amas de cendres, de détritus et de pneus brûlés sont toujours visibles, souvenirs d'une grève vite abandonnée. À l'intérieur, plus aucune cabine d'engins des travaux publics ne sort des ateliers. La crise du BTP a joué, mais les salariés pointent surtout du doigt la mauvaise gestion de l'entreprise. Un chiffre d'affaires divisé par quatre en à peine cinq ans les a condamnés. Désormais, tous se sentent désemparés. "Les salariés ne sont plus motivés. On a 20% d'absentéisme. Les gens se mettent en arrêt maladie pour ne plus voir la misère. Il y a une personne qui a essayé de se suicider. Les gens n'en peuvent plus", témoigne Olivier Lamote, délégué CFDT, au micro d'Europe 1.

"1.000 emplois en jeu". La dernière chance pour les salariés de TIM, c'est l'offre de reprise de Fil Filipov, un sulfureux homme d'affaires bulgare, propriétaire de la société Atlas. Il propose de reprendre la totalité des salariés. L'offre sera examinée mercredi par le tribunal de commerce de Tourcoing. En cas de refus, les salariés perdront leur emploi. "Ce serait un fiasco total", dénonce Aurélien Rabache, représentant du personnel. "Je pense qu'on aura droit au plus grand scandale de ces dernières années en France : 1.000 emplois en jeu, dans un bassin fortement touché par le chômage… Je n'ose pas concevoir que ça va se finir comme ça", confie-t-il.

À la veille d'une journée décisive pour leur avenir, un sentiment domine : le regret d'avoir été trop gentils. Un salarié soupire : "Nous ne sommes pas des voyous, mais si on avait menacé de faire sauter l'usine comme GM&S, on aurait peut-être parlé de nous un peu plus tôt."