Nokia, un géant qui ne répond plus

  • A
  • A
Nokia, un géant qui ne répond plus
@ REUTERS
Partagez sur :

Le groupe finlandais prévoit de supprimer 10.000 nouveaux postes d'ici fin 2013.

Réduire les coûts, à tout prix. C'est le mot d'ordre en vigueur chez le géant finlandais de la téléphonie mobile. Et pour ce faire, Nokia a décidé d'utiliser les gros moyens : jusqu'à 10.000 emplois seront supprimés d'ici fin 2013 dans le cadre de nouvelles mesures de réductions des coûts.

Au total, 40.000 postes auront donc été supprimés en trois ans, depuis l'arrivée de Stephen Elop à la tête du groupe. En 2010, Nokia employait 130.000 personnes dans le monde. "Ces réductions (d'effectifs) prévues sont une conséquence difficile des mesures que nous pensons devoir prendre pour assurer la compétitivité à long terme de Nokia", a affirmé le directeur général du groupe Stephen Elop dans un communiqué.

Le smartphone plombe Nokia

Car l'arrivée sur le marché de l'iPhone en 2007 et le virage technologique emprunté en général avec les smartphones a plombé durablement le groupe finlandais. Détrôné en avril par Samsung au rang de n°1 mondial des téléphones mobiles – une place qu'il occupait depuis 14 ans – Nokia "a oublié de suivre les tendances" pour Ralf Beyeler, spécialiste des télécoms chez Comparis, joint par Europe1.fr.

"Nokia s'est trop longtemps reposé sur son succès. Le groupe s'est lui-même désavantagé en restant trop longtemps centré sur son système d'exploitation Symbian. Nokia a pris la mauvaise voie et en a changée trop tard pour le Windows mobile. Il lui aurait sans doute été plus favorable de fabriquer des Android", considère encore cet analyste.

Presque 1 milliard d'euros de perte au 1er trimestre

Aujourd'hui, le groupe finlandais est en proie à de grosses difficultés financières. Le groupe a enregistré une perte nette de 939 millions d'euros au premier trimestre 2012. Par rapport à la même période en 2011, son chiffre d'affaires a connu une baisse conséquente, passant de 10,4 milliards d'euros à 7,4 milliards.

"En plus des économies de coûts pour un montant de 700 millions d'euros annoncées à la fin du premier trimestre 2012, l'entreprise vise désormais des charges de restructuration supplémentaire d'environ 1,6 milliard d'euros d'ici à la fin 2013", a justifié Nokia dans un communiqué.

En Bourse, l'action Nokia n'en finit plus de plonger. Le titre a perdu plus de 70% de sa valeur depuis février 2011. Jeudi, il était à 2,22 peu après 12h. Le groupe a par ailleurs annoncé que Vertu, sa marque de téléphones de luxe, serait cédée à la société de capital-risque EQT.    

Disparu en 2015 ?

Ces résultats inquiétants sont confirmés par un analyste… finlandais. Horace Dediu, spécialisé dans l'univers des télécoms, prévoit ni plus ni moins que la faillite de son ancien employeur d'ici 2015, révèle itespresso.fr.

Celui qui est l'actuel PDG du cabinet Asymco a passé huit ans chez Nokia. Il s'est appuyé sur les données financières des groupes télécoms pour en tirer des perspectives peu rassurantes. Dès qu'un groupe télécom enregistre ses premières pertes, Horace Dediu considère, d'après les chiffres qu'il a compilés, que ses jours sont comptés. 

A ce titre, Nokia comme RIM, le développeur du BlackBerry, ont une "espérance de vie" de trois ans, à partir d'aujourd'hui. Il leur accorde toutefois un "sursis" de deux à cinq ans. L'analyste finlandais a mis en graphique ses conclusions. En blanc Nokia, RIM et LG, menacés selon lui de faillite, en bleu ceux qui ont précédemment dû fermer boutique, en guise de comparaison.

nokia, graphique

© CAPTURE ITESPRESSO.FR