Neige : les comptes ont fondu mais…

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Neige : les comptes ont fondu mais…
Les lignes de montage du site de Sochaux étaient complètement à l'arrêt mercredi matin et jeudi après-midi.@ MaxPPP
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Les entreprises ont perdu des millions d'euros à cause des intempéries. Mais qui est vraiment touché ?

Un constat… glaçant. Elle a plongé la France dans le froid pendant trois jours. Elle a bloqué des milliers de voyageurs et forcé des milliers de salariés à rester chez eux. Et si les assureurs n'ont pas encore fixé la facture précise, la neige devrait également amputer le PIB français de plusieurs centaines de millions d'euros. Entre 600 et 700 millions même, à en croire Météo Protect, courtier en assurance spécialisé dans les dégâts climatiques, contacté par Europe 1. Mais toutes les entreprises ne sont pas logées à la même enseigne.

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CELLES QUI ONT PATINÉ…

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© MaxPPP

Les assurances vont devoir rembourser. Les compagnies d'assurance vont devoir éponger une grande partie de la facture. Dégâts des eaux, accidents de voiture mais aussi explosion des canalisations, incendies liés aux courts-circuits etc. leur champ d'action est large. A titre d’exemple, l’épisode neigeux de février 2012 avait coûté, au total, 500 millions d’euros aux assureurs.

Les transports en première ligne. La fédération nationale des transports routiers (FNTR) a chiffré à 60 millions d'euros la facture totale des intempéries. A la SNCF, aucun coût n'est encore dévoilé, mais les remboursements risquent de faire mal. Les voyageurs ont ainsi pu bénéficier, pour la journée de mardi, de leur garantie "voyage" avec un échange ou un remboursement du billet. Air France a, pour sa part, proposé le remboursement pour tous  les vols annulés ou ayant subi un retard de plus de cinq heures, ainsi qu'un report de voyage jusqu'au 17 mars pour les autres. La facture de ces "compensations" sera connue dans les semaines qui viennent, a fait savoir la direction. En 2010, l'épisode neigeux avait causé une perte de 70 millions d'euros à la compagnie.
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© MaxPPP

PSA s'est fait surprendre. Exemple frappant de la vulnérabilité des usines françaises aux intempéries: PSA a annoncé que ses usines de Mulhouse et Sochaux ont été fortement affectées, plusieurs pièces n'ayant pas pu être livrées. Les lignes de montage du site de Sochaux étaient complètement à l'arrêt mercredi matin et jeudi après-midi. La direction a bien essayé de redémarrer les lignes entre temps, mais en vain, les pièces n'arrivant pas en nombre suffisant.  A Mulhouse, la production a dû être arrêtée jeudi matin mais a pu reprendre dans l'après-midi, a ajouté la direction. À Sochaux, cela s'est traduit par une perte de production de 700 véhicules, et de 450 à Mulhouse. Un ralentissement d'usines récurent lors des périodes d'intempéries, estime-t-on chez Météo Protect.

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…  ET LES AUTRES

La Redoute s'organise. Certaines entreprises semblent avoir eu moins de difficulté à s'organiser. Ainsi en est-il de La Redoute, comme le rapporte le journal La Voix du nord.  La neige a certes bloqué les camions en partance du site de préparation des commandes de Wattrelos, dans le Nord, mais aucun client n'a été pris par surprise d'un retard de colis. L'information a été immédiatement transmise à Relais Colis, le prestataire de livraison, ainsi qu'aux partenaires chez qui les paquets sont livrés. Les clients ont, eux, été avisés des retards par SMS, ou par téléphone quand les personnes avaient un rendez-vous pour la livraison. Quant au retard accumulé, il devrait être vite rattrapé. "Le centre de préparation de commandes a une capacité maximale de 130 000 colis par jour, que l’on n’atteint que pendant les jours de soldes", détaille ainsi au quotidien Patrice Fitzner, le directeur logistique, serein.

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© MaxPPP

Ces entreprises qui en "profitent".  Si la facture des compagnies d'assurance va être salée, les courtiers en assurance, c'est-à-dire les sociétés qui conseillent les clients dans leur choix d'un contrat, devraient, eux, gagner des clients, comme l'espère Météo Protect. Et si aucun chiffrage n'est avancé, les sociétés de dépannage ont également du grossir leur chiffre d'affaires ces derniers jours.  Selon les informations d'Europe1, elles ont reçu, en trois jours, 90.000 appels. "C’était très intense. Dans le nord du pays, j’ai rarement connu ça", explique ainsi Pascal Fanton, directeur des opérations chez Mondial Assistance. Une intensité qui fera du bien aux comptes des dépanneurs : en moyenne, le coût d’une réparation après un accident lié aux intempéries se monte à 1.200 euros, à multiplier par le nombre de véhicules accidentés.