Montebourg au chevet de l’industrie

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Montebourg au chevet de l’industrie
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Le gouvernement veut rédiger avec le secteur industriel un "pacte" pour relancer l'économie.

Comment mettre un terme au "décrochage" de l'industrie française ? Si le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a déjà sa petite idée, le gouvernement préfère rester fidèle à sa stratégie : la concertation avant l’action. En attendant de trouver un tel accord, Arnaud Montebourg a néanmoins présenté ses pistes : régionalisation, soutien aux PME et maîtrise des coûts sont au programme.

La concertation pour préalable

Comme lors de la conférence sociale, le gouvernement a proposé mercredi aux membres de la Conférence nationale de l'industrie (CNI), principale organe représentant ce secteur, de commencer par une phase de négociations.

Ces discussions, menées sous l’égide du commissaire général à l'investissement Louis Gallois, devront aboutir mi-octobre à un "grand pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi".

Montebourg dévoile plusieurs pistes

Le ministre du Redressement productif n’a cependant pas attendu la mi-octobre pour présenter ses priorités. "La politique industrielle n'est pas un vilain mot. Elle ne peut pas rester clandestine", a-t-il souligné, avant de présenter sa stratégie de "reconquête" dans une situation d'"urgence".

- Mieux soutenir les PME. Le gouvernement veut réorienter les financements pour qu’il ne bénéficie pas qu’aux grands groupes mais aussi aux PME. C’est la raison pour laquelle il plaide pour une déclinaison régionale de la Banque publique d'investissement, destinée à financer les petites et moyennes entreprises et les entreprises innovantes. Arnaud Montebourg souhaite également l’essor des plateformes diffusant les technologies innovantes aux PME et une amélioration des relations entre grands groupes et sous-traitants.

- Régionaliser l’action étatique. Le ministre souhaite un déploiement régional des systèmes d'intervention de l'Etat, au plus proche des industriels. Arnaud Montebourg a ainsi déjà mis en place 22 commissaires au redressement productif pour aider les PME en difficultés, en complément de l'activité du Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri).

- Maîtriser les coûts. Le ministre du Redressement productif souhaite "une stratégie de reconquête des matières premières" et de "maîtrise des prix de l'énergie". Une déclaration qui ressemble à s’y méprendre à une défense de l’énergie nucléaire, que les alliés écologistes veulent progressivement supprimer. "On ne peut pas sortir du nucléaire et du pétrole en même temps. A tout choisir, je préfère sortir d'abord du pétrole" au nom de "l'impératif absolu de lutter contre le réchauffement climatique", avait-il d'ailleurs confié au Mondeen janvier.

- Défendre le label "produit en France". S'attaquant à l'industrie "low-cost", Arnaud Montebourg a aussi défendu le "Fabriqué en France" et le besoin de qualité, ouvrant la porte à une future labellisation de ces produits.

- Soutenir les exportations. Dernière annonce du ministre, mais qui ne figurait que dans un document préparatoire et qu’il n’a pas prononcé : un "véritable réseau d'aide aux entreprises à l'étranger", avec la fusion des "outils tels la Coface, Ubifrance et la partie export d'Oseo en les rapprochant de la BPI".