Molex : chaque partie campe sur ses positions

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Molex : chaque partie campe sur ses positions
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Reçue par Christian Estrosi, la direction a réaffirmé vouloir fermer l'usine. Les salariés ont rendez-vous mercredi avec le ministre.

Les syndicats de l'usine Molex de Villemur-sur-Tarn en Haute-Garonne diront mercredi au ministre de l'Industrie leur volonté de "garder l'outil de travail, les machines mais aussi les brevets et le carnet de commandes", a déclaré mardi le secrétaire du CE. Denis Parise (CGT) réagissait à la rencontre entre Christian Estrosi et la direction de Molex à Paris le jour même. "Ils veulent bien laisser les machines mais personne ne va acheter cela sans le reste", a-t-il répété.

La direction de Molex est en effet restée inflexible. Après plus de trois heures de discussions avec le ministre de l'Industrie mardi, l'équipementier automobile s'est dit déterminé à fermer fin octobre son usine de Villemur-sur-Tarn en Haute-Garonne. De plus, il a réaffirmé que Molex n'envisageait pas de céder son activité de connectique, le groupe continuant d'être présent sur le marché automobile européen.

Christian Estrosi a toutefois obtenu de la direction qu'elle rencontre, dans les dix jours, un repreneur potentiel dont le ministre n'a pas révélé le nom, précisant seulement que son siège social se trouve à l'étranger. "J'ai bon espoir que dans cette rencontre (...) puisse émerger une solution de maintien de l'activité partielle et de diversification de l'activité industrielle de Molex", a déclaré Christian Estrosi. Le ministre a précisé qu'il avait demandé à ce que le site bénéficie d'une phase de transition de 18 à 24 mois mais que le groupe s'était montré "très fermé à toute idée de maintien partiel de l'activité ou de contrat de sous-traitance".

Sur la question des salaires du mois d'août, les représentants de Molex ont "accepté d'envisager" leur paiement. Un comité d'entreprise doit se tenir jeudi. Denis Parise a toutefois averti que "les représentants du personnel" n'y participeraient pas "s'il n'y avait pas d'engagement écrit de la direction" de les payer.

En attendant, l'usine reste fermée, ont dit les dirigeants de Molex. La situation est tendue depuis avril à Villemur où l'annonce du projet de fermeture avait conduit le personnel à séquestrer deux cadres de l'entreprise. Le site, qui emploie 280 personnes, est fermé depuis début août à la suite d'autres incidents. Le directeur du développement de Molex, Eric Doesburg, assure recevoir quotidiennement depuis des menaces de mort. Les réunions entre la direction, les salariés et le médiateur Francis Latarche seront désormais organisées à la préfecture de Haute-Garonne, à Toulouse, où des mesures seront prises pour assurer la sécurité des dirigeants.