Meryl Fiber : 343 emplois menacés

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Meryl Fiber : 343 emplois menacés
343 personnes travaillent pour ce fabricant de textile installé à Saint-Laurent-Blangy, dans le Pas-de-Calais.@ MAXPPP
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Cette usine du Pas-de-Calais est l’autre dossier sensible pour le nouveau gouvernement.

Fralib, l’usine qui confectionne les sachets de thé Lipton, n’est pas le seul dossier chaud pour le gouvernement sur le front de l’emploi. Le fabricant de textile Meryl Fiber est également au plus mal : placé en liquidation judiciaire, il risque de disparaitre et attend avec impatience d’avoir de nouveaux interlocuteurs au gouvernement.

Meryl Fiber, entreprise au pied du mur

343 personnes travaillent pour ce fabricant de textile installé à Saint-Laurent-Blangy, dans le Pas-de-Calais. Anciennement Rhodia, l'entreprise a déjà été placée en redressement judiciaire en 2007, avant d’être reprise en 2008 par deux de ses cadres. Mais ces derniers n’ont pas réussi à redresser Meryl Fiber et à empêcher le placement en liquidation judiciaire en janvier 2012.

Pire, aucun repreneur ne s’est depuis manifesté auprès du tribunal de Commerce d'Arras. L'entreprise suisse Nexis Fiber, un temps évoquée comme possible repreneur, a "jeté l'éponge", car elle estimait que "le dossier restait très difficile économiquement", selon Gilbert Oboeuf, délégué syndical CFTC.

La sonnette d’alarme tirée mais plus d’interlocuteur

Conscients du danger dès le début de l’année, les employés de Meryl Fiber ont profité de l’élection présidentielle pour attirer l’attention sur leur situation. Point de manifestation ni de coup de colère, comme l’ont fait les employés de chez Lejaby ou Petroplus : les employés ont préféré le dialogue

Ils ont alerté Nicolas Sarkozy lors de l’un des ses meetings, mais ont aussi rencontré François Hollande et ses équipes. Les salariés ont donc réussi à se faire entendre et reçu la promesse de nouvelles tables rondes, mais ils n’ont malheureusement plus d’interlocuteur en cette période de transition politique. Or, pour eux, le temps presse.

"Depuis 15 jours, trois semaines, voire un mois, il n’y a plus d’interlocuteurs dans les ministères", regrette Gilbert Oboeuf, délégué syndical CFTC. "Il n’y a plus rien et effectivement, c’est un peu le problème : on tombe en liquidation en ce moment et on n’a pas de réponse à apporter à notre dossier puisqu’il n’y a personne en face de nous. On se demande si on ne nous a pas fait attendre les élections présidentielles et, maintenant, on se retrouve seuls", déplore-t-il au micro d'Europe 1.           

Des employés difficilement reclassables

L’angoisse des 343 salariés est d’autant plus grande que la majorité d'entre eux a plus de 50 ans : difficile donc de se recycler dans un autre secteur en cas de licenciement. " On ne vaut plus grand-chose, c’est un peu dur de dire ce que je dis mais des gens comme nous, je ne vois pas beaucoup d’employeurs pouvoir nous reprendre", s’inquiète Bernard Guilleman, secrétaire du Comité d’entreprise.

"Il faut impérativement que quelqu’un dans ce gouvernement se penche sur notre dossier parce qu’on ne veut pas mourir comme cela", prévient-il, en espérant rencontrer le nouveau ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. S’ils ne sont pas entendus, les salariés préviennent : ils comptent bien se faire entendre pour obtenir les indemnités les plus élevées possibles.