Martinique : inquiétude et colère dans la filière canne-sucre-rhum

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Martinique : inquiétude et colère dans la filière canne-sucre-rhum
Les professionnels martiniquais revendiquent le "travail d'excellence" qu'ils réalisent dans la filière canne-sucre-rhum.@ MARCEL MOCHET / AFP
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Les professionnels de la filière canne-sucre-rhum de Martinique craignent un "hold-up sur le contingent d'exportation de rhum vers la métropole".

Les professionnels de la filière canne-sucre-rhum de Martinique sont en colère. À quelques semaines d'un vote du Parlement européen autorisant la France à augmenter de 20% le volume de rhum des Outre-mer exporté vers la métropole, ils s'inquiètent de ce qu'ils appellent une "tentative de hold-up sur le contingent d'exportation de rhum vers la métropole".

Ces professionnels se font l'écho de rumeurs venues de Paris selon lesquelles "la Martinique devrait renoncer à une partie de l'augmentation de son contingent d'exportation de rhum au profit des intérêts guadeloupéens". Charles Larcher, le président du Comité martiniquais d'organisation et de défense du marché du rhum (CODERUM) estime qu'une telle répartition serait "injuste" et empreinte "d'un manque d'équité".

Un "travail d'excellence" qui "n'est pas reconnu". Signataire d'une tribune parue dans le quotidien France-Antilles avec le président de la SICA Canne-Union, Charles Larcher estime en outre qu'un tel choix porterait atteinte "à la stratégie territoriale de spécialisation avec l'obtention depuis vingt ans de la seule AOC au monde pour le rhum agricole et le développement du spiritourisme". Cela voudrait dire que "ce travail d'excellence" mené au sein de la filière canne-sucre-rhum en Martinique "n'est pas reconnu", a encore indiqué le président du CODERUM.



Arbitrage du Président ? Charles Larcher souligne que "95% du stock de rhum vieux de l'Outre-mer provient de la production martiniquaise". Selon lui, grâce aux efforts de la profession, "le volume de la production de rhum a augmenté de 23% et depuis trois ans, il est passé de 13 millions de litres par an à 16 millions de litres".

Dans une lettre adressée cette semaine à la ministre des Outre-mer, les six parlementaires martiniquais se disent "très préoccupés par la répartition du contingent additionnel qui pourrait être faite entre les quatre DOM et au détriment de la Martinique". Enfin, les représentants des planteurs de canne et les distillateurs de rhum de l'île envisagent de recourir à l'arbitrage du président de la République.