Marc Ladreit de Lacharrière : "Le patron n'est pas un dictateur"

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Marc Ladreit de Lacharrière : "Le patron n'est pas un dictateur"
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L'homme d'affaires, invité d'Anne Sinclair samedi, na doute pas de la capacité des patrons à faire régner la cohésion sociale dans les entreprises.

INTERVIEW

Il fait partie du camp des pour. Pour la loi El Khomri, pour une loi qui donne toute sa place à l'entreprise. Marc Ladreit de Lacharrière, homme d'affaires (Fimalac, Fitch, Allocine...), grande fortune française et mécène du Louvre est l'invité d'Anne Sinclair, samedi sur Europe 1.

Le "chant du cygne" de Philippe Martinez. "La loi travail a cristallisé depuis trois mois une énorme vague de contestation et de manifestations dans toute la France et a provoqué plusieurs mouvements de grèves. Mais la loi travail est aussi une "conséquence de l'uberisation de l'économie" lance l'homme d'affaires. Traduction : une conséquence de la numérisation croissante de l'économie. Sur la plan syndical, cette révolution entraîne selon lui "la fin du monopole du syndicat pour le conférer à l'entreprise". "Martinez (Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, syndicat leader de la contestation face à la loi Travail, ndrl) , c'est son chant du cygne, on est dans une époque wagnerienne de la CGT."

"Le patron fait si peur ?" La crainte de cette loi est néanmoins partagée par d'autres syndicats que la CGT et une frange non négligeable de la société. En cause notamment pour les contestataires : la primauté des accords d'entreprises sur les conventions de branches, avec en perspective la crainte des décisions du patronat. Un argument balayé du revers de la main par Marc Ladreit de Lacharrière : "Pourquoi ? Le patron fait si peur que ça ? Ce n'est pas un dictateur."

"L'Etat ne peut pas tout faire". Et l'homme d'affaires de citer "les petits entrepreneurs un peu partout en France qui aiment l'entreprise et leurs collaborateurs. Pourquoi ne seraient-ils pas en mesure de faire en sorte que la cohésion sociale de l’entreprisse soit maintenue ?" S'il comprend les peurs, elles résultent d'après lui de "la pensée française que l'Etat doit tout faire. Or l'Etat ne peut pas tout faire parce que les hommes politiques sont moins adaptées à la mondialisation et l'uberisation."