Mais que va donc faire Clavier à Londres

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Mais que va donc faire Clavier à Londres
L'acteur Christian Clavier s'est installé jusqu'à fin 2013 à Londres, en raison à la fois de projets artistiques et des "attaques" que lui vaut en France son amitié avec Nicolas Sarkozy, a dit vendredi son agent, interrogé par l'AFP.@ Eric Gaillard / Reuters
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L'acteur français s'est installé au Royaume-Uni mais dément tout exil fiscal. À raison?

À l'instar d'Alain Delon ou José Gracia, Christian Clavier va-t-il lui aussi céder à la tentation de l'exil fiscal? L'acteur s'est en tout cas installé jusqu'à fin 2013 à Londres, révèle vendredi l'AFP. Mais le célèbre "Jacquouille" des Visiteurs dément tout lien avec des éventuels impôts trop élevés dans l'Hexagone.

Les critiques sur le film qu'il a lui-même réalisé, On ne choisit pas sa famille, et les piques concernant son amitié avec Nicolas Sarkozy l'auraient poussé à faire ses valises, assure Alexandra Schamis, l'agent de Christian Clavier. Selon elle, Clavier "a été meurtri aussi par le mauvais accueil de son dernier film".

"Les critiques dépassaient le cadre artistique. Il est la cible d'attaques systématiques pour son amitié avec Nicolas Sarkozy. Il a ressenti un ras-le-bol, d'autant que ses proches ont souffert aussi de la situation. Son installation provisoire à Londres est aussi motivée par un souci de bien-être personnel et familial", a ajouté son agent, face aux railleries qui commençaient déjà à monter.

Alexandra Schamis va même jusqu'à avancer : "Il ne s'agit absolument pas d'un exil fiscal, la Grande-Bretagne n'étant pas du tout une destination favorable". Doit-on la croire?

"La France n'est pas une destination favorable"… Vraiment?

Difficile à dire. D'un côté, il est clair que le Royaume-Uni est une terre fiscalement bien plus accueillante que la France. Le pays dispose même d'un régime taillé sur mesure pour Christian Clavier, qui vit à Londres "depuis plusieurs mois" et "jusqu'à fin 2013" dans un appartement en location et travaille sur place à l'adaptation au théâtre du livre Inconnu à cette adresse, de Kressmann Taylor. Christian Clavier a également commencé à Londres l'écriture des Visiteurs3 avec Jean-Marie Poiré.

Or, la loi londonienne permet à une personne qui séjourne pendant six mois au Royaume-Uni, un "résident non domicilié" ou "non ordinaire", d'échapper en partie à l'impôt sur le revenu et complètement à l'ISF. La star pourrait ainsi être exonérée de quelques deniers envers le Fisc, liés à ses revenus perçus en France et à sa maison corse – qu'il n'a d'ailleurs toujours pas vendue.

Londres

Un régime plutôt favorable donc, contrairement aux dires de son agent. Surtout en comparaison des hausses d'impôts, notamment visant les plus aisés, annoncées vendredi dernier dans le "budget de combat" du gouvernement. Un "expert" qui l'avait d'ailleurs bien compris est le premier ministre britannique David Cameron lui même. "Quand la France instituera un taux de 75% pour la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, nous déroulerons le tapis rouge", avait-il déclaré, suscitant un tollé en France.

>> Lire : Budget 2013, qui va payer, qui est épargné?

"Clavier s'est fait autant pilonner que Papandréou"

Mais d'un autre côté, il est vrai que les médias hexagonaux ne sont pas tendres avec la star. Son amitié avec l'ex-chef d’État est régulièrement mise en avant. Et son film a essuyé une pluie acide de critiques. "Mon pauvre ami du Président, ton film On ne choisit pas sa famille s’est fait autant pilonner que Papandréou au G20. Tu auras beau rétorquer que tous les goûts sont dans la nature, c’est au tout-à-l’égout que la nature humaine semble avoir renvoyé cette merde une semaine seulement après sa sortie", avait par exemple lâché l'éditorialiste aux Inrocks, Christophe Conte.



Reste que Christian Clavier a intérêt à la jouer fine sur sa communication, car il n'en est pas à son premier différend avec le contribuable français. En 2009, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, il avait bénéficié d'une surveillance rapprochée de sa villa en Corse, victime quelques jours avant d'une occupation de terrain par des nationalistes.

maison corse

Selon le Canard enchaînée, huit fonctionnaires des forces de l'ordre avaient encadré pendant un laps de temps inconnu la villa de Christian Clavier. Coût au bout de dix mois pour l’État selon l'hebdomadaire satirique : 400.000 euros. A la suite de cette affaire, le patron des forces de sécurité corse avait également été démis de ses fonctions, le gouvernement lui reprochant la gestion de cette affaire.