Mail anti-Hadopi : Albanel "ahurie" par le licenciement d'un cadre de TF1

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Mail anti-Hadopi : Albanel "ahurie" par le licenciement d'un cadre de TF1
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Jérôme Bourreau-Guggenheim a été licencié de son poste de "responsable du pôle innovation web", chez TF1, pour s'être ouvert de ses critiques de la loi Hadopi, dans un mail privé adressé à sa députée, Françoise de Panafieu mais parvenu jusqu'à la direction de la chaîne. Selon le salarié licencié, le ministère de la Culture a transmis ce courriel à TF1, une version contestée par Christine Albanel.

Viré de TF1 pour avoir écrit à sa députée tout le mal qu'il pense du projet de loi "Hadopi" : c'est la mésaventure qui est arrivée à Jérôme Bourreau-Guggenheim, 31 ans, qui a occupé entre juillet 2008 et avril 2009 le poste de "responsable du pôle innovation web" de la chaîne, révèle Libération dans son édition de jeudi.

Convaincu que "quand on n'est pas d'accord, plutôt que de critiquer, il faut agir", cet habitant du XVIIe arrondissement, à Paris, décide de prendre la plume pour dire tout le mal qu'il pense du projet de loi à sa députée, Françoise de Panafieu (UMP).

Envoyée le 19 février à titre privéde son adresse personnelle Gmail, la lettre va pourtant atterrir sur le bureau de Jean-Michel Counillon, directeur jurdique de TF1, qui va lui-même le transmettre à Arnaud Bossom, président de eTF1. C'est lui qui va sommer Jérôme Bourreau-Guggenheim de s'expliquer au cours d'un entretien.

Selon Jérôme Bourreau-Guggenheim, qui se dit "surpris et choqué", TF1 lui explique avoir reçu son mail via le ministère de la Culture :

L'attachée parlementaire de Françoise de Panafieu, interrogée par Libération, confirme bien avoir transmis le mail "au cabinet du ministère, pour obtenir un argumentaire", mais se dit "hallucinée" en apprenant le licenciement du salarié de TF1.

Christine Albanel, de son côté, se dit "complètement ahurie". "On n'a absolument rien transmis du tout", affirme-t-elle :

Selon lepoint.fr, des "proches conseillers" de Christine Albanel affirmaient être "très choqués et alarmés" de la tournure des événements. Et de préciser, reconnaissant à demi-mots avoir transmis ce mail : "On n'a jamais réclamé la tête de ce salarié. La réaction de TF1 est très exagérée !"

La chaîne privée a réagi jeudi dans un communiqué : "Les prises de position particulièrement radicales exprimées publiquement (par Jérôme Bourreau) sont contraires aux déclarations officielles du groupe, notoirement en faveur de cette loi (sur la protection des droits sur internet). Elles sont incompatibles avec ses responsabilités au sein d'e-TF1, filiale du groupe en charge, également, de la lutte contre le piratage sur internet."