Macron sur les salaires des patrons : "C'est de l'esbroufe", estime Erwan Le Noan

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Pour le consultant en stratégie Erwan Le Noan, Emmanuel Macron a raison de fustiger le vote du conseil d'administration sur le salaire de Carlos Ghosn. Mais menacer de légiférer n'est pas sérieux, selon lui.

INTERVIEW

Faut-il légiférer pour encadrer le salaire des patrons du CAC 40 ? Emmanuel Macron a menacé de le faire, mardi, après que le conseil d'administration de Renault a validé la rémunération de Carlos Ghosn, contre l'avis des actionnaires du groupe. Sur le fond, Erwan Le Noan estime que le ministre de l'Économie "a raison". Mais dans les faits, "c'est de l'esbroufe", a souligné le consultant en stratégie au micro d'Europe 1 mercredi. 

Plus de pouvoir aux actionnaires, pas à la loi. Esbroufe, car le ministre de l'Économie "n'a pas dit sur quoi il allait légiférer". "Va-t-il faire une loi pour limiter les rémunérations des grands patrons ou pour obliger les conseils d'administration à suivre l'avis des assemblées générales [d'actionnaires] ? C'est très différent", a noté Erwan Le Noan. Selon lui, il est nécessaire de limiter les salaires, mais cela ne peut pas passer par une loi. "L'assemblée générale des actionnaires doit avoir un vrai pouvoir. Il faut [qu'il soit impossible] de contourner leur décision", estime le consultant. Et ce, car une entreprise vit grâce aux capitaux de ses actionnaires, qui en deviennent donc de facto les propriétaires. "Après tout, c'est à eux de dire ce qu'ils veulent", a pointé le consultant.

"Sans loi, rien ne sera jamais fait" pour Gérard Filoche. Un avis que ne partage pas du tout Gérard Filoche, membre du bureau national du Parti socialiste. "Sans loi, rien ne sera jamais fait", a déclaré l'ancien inspecteur du travail sur Europe 1. Lui prône de limiter les salaires des grands patrons à vingt fois celui de leurs salariés. "Aucun humain, quel que soit son talent, ne mérite de gagner plus de vingt fois plus qu'un autre." Et qu'on ne lui dise pas qu'une telle mesure ferait fuir les entrepreneurs. "Les capitaux sont déjà tous à Panama. Si [les patrons] s'en vont, qu'ils s'en aillent. On nommera le numéro 2 ou le numéro 3 et les entreprises marcheront bien car on n'a pas besoin de dictateurs."