Londres prépare la fin de la zone euro

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Londres prépare la fin de la zone euro
Les banques anglaises font déjà des tests de simulation de retour aux monnaies nationales dans certains pays.
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Les banques anglaises font déjà des simulations de retour aux monnaies nationales.

La drachme en Grèce, la lire en Italie, le mark en Allemagne ou le franc en France. Ces monnaies nationales ne sont plus qu'un lointain souvenir pour les consommateurs et un objet de convoitise pour les collectionneurs. Mais à en croire les banques britanniques, elles pourraient faire leur retour dans les porte-monnaie. Certaines d'entre elles mènent déjà des tests pour se préparer à la dissolution de la zone euro, rapporte le Wall Street Journal.

Affronter tous les scénarios, y compris les "pires"

Les autorités britanniques elles-mêmes évoquent désormais ouvertement des "plans" pour faire face à un démantèlement de la zone euro. Le ministre de l'Economie britannique, George Osborne, a indiqué dimanche que le gouvernement avait accéléré ces dernier mois son train de mesures pour être prêt à son éventuel effondrement. L'Autorité des services financiers (FSA), le gendarme des marchés britanniques, avait demandé la semaine dernière aux banques de se tenir prêtes à affronter tous les scénarios, y compris les "pires".

Icap, une entreprise qui gère le plus grand système d'échange de devises entre les banques, se prépare à une possible sortie de la Grèce de l'Eurozone, indique le WSJ. Elle a déjà commencé a testé une technologie qui permet aux banques d'échanger la drachme contre l'euro et le dollar. Un autre banque est en train de mener des "stress test" (des tests de résistance, ndlr) en vue de la dissolution de l'euro, assure le quotidien économique. "Ces changements sont autant de signes d'une inquiétude grandissante de la sortie d'au moins un pays de la zone euro. Les banques n'ont pas d'autre choix que de se préparer, même si l'éclatement n'a finalement pas lieu", écrit le Wall Street Journal.

Si la mort de la monnaie européenne est envisagée avec une certaine délectation par une presse britannique largement eurosceptique, elle est en revanche redoutée par les milieux économiques. Ils craignent en effet un impact dévastateur sur le Royaume-Uni, qui réalise plus de 40% de ses échanges commerciaux avec ses voisins.