Lombard renonce à France Telecom

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Lombard renonce à France Telecom
Didier Lombard devait percevoir une rémunération avoisinant les 500.000 euros bruts par an pour ces nouvelles fonctions comme conseiller spécial.@ Reuters Charles Platiau
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La polémique liée à son salaire comme conseiller de l'entreprise a eu raison de l’ancien P-DG.

Didier Lombard jette l’éponge. L'ex-P-DG de France Telecom, dont le maintien au sein du groupe comme conseiller spécial a provoqué une polémique, a annoncé mercredi dans un communiqué qu'il "renonçait" à ses nouvelles fonctions et quittait l'entreprise.

Agé de 69 ans, Didier Lombard devait percevoir une rémunération avoisinant les 500.000 euros bruts par an pour ses nouvelles fonctions de conseiller spécial. Mercredi matin, le ministre du Travail Xavier Berrtand avait demandé à France Télécom et à Didier Lombard de réagir, estimant que si l'ex-PDG devenu conseiller spécial devait rester dans l'entreprise, il devait le faire comme "bénévole".

"Les souffrances" et "les incompréhensions"

Nommé P-DG en 2005 en remplacement de Thierry Breton, Didier Lombard avait cédé les rênes opérationnelles du groupe en mars 2010 à Stéphane Richard après avoir été fragilisé par une vague d'une trentaine de suicides de salariés entre janvier 2008 et fin 2009.

Didier Lombard affirme dans un communiquer "regretter les souffrances et sans doute aussi les incompréhensions liées au besoin impérieux de changements" dans le groupe engagés sous sa houlette. Au plus fort de la controverse sur les suicides dans l'entreprise, Didier Lombard s'était attiré les foudres des syndicats en parlant d'une "mode du suicide qui évidemment choque tout le monde".

"Eh bien ma foi, bon débarras!"

Du côté des syndicats, l'annonce de son départ a été reçue comme une "bonne nouvelle". "Il a fallu beaucoup de pression pour en arriver là. Cela ne s'est pas fait tout seul", a relevé Pierre Dubois, représentant de la CFDT, exprimant une "grande satisfaction que les choses soient revenues à la normale". "La situation de Didier Lombard était devenu intenable", a-t-il ajouté.

Pour Patrick Ackermann (SUD), la nouvelle suscite "une réaction de bonheur". Son syndicat, a-t-il rappelé, est intervenu "en ce sens auprès de la direction pour dire que c'était une faute de sa part d'avoir justifié ce maintien avec un salaire confortable qui a fait scandale auprès du personnel". Pour le syndicaliste, la "pression a été assez forte" avec notamment l'intervention du ministre du Travail "Xavier Bertrand, (de la présidente du Medef) Laurence Parisot, l'opinion publique, le personnel, les syndicats".

"Eh bien ma foi, bon débarras!", s'est exclamé de son côté Nabyl Beldjoudi (FO), saluant le fait que "l'image de l'entreprise est importante maintenant pour la nouvelle direction". Patrice Diochet (CFTC) a exprimé "sans aucun détour (sa) satisfaction de voir que le président du fiasco social renonce à son invraisemblable préretraite dorée", voyant dans ce départ sous la pression "une première en France".