Loi Travail : rencontre délicate entre Myriam El Khomri et Philippe Martinez

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Loi Travail : rencontre délicate entre Myriam El Khomri et Philippe Martinez
Myriam El Khomri et Philippe Martinez lors d'une rencontre en septembre 2015.@ THOMAS SAMSON / AFP
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La ministre du Travail et le secrétaire général de la CGT ont rendez-vous à 8h pour tenter de discuter du projet de loi Travail.

La ministre du Travail et le secrétaire général de la CGT ont rendez-vous vendredi matin, à 8 heures, pour parler du projet de loi Travail, une rencontre inédite depuis début mars et délicate, tant leurs positions sur ce texte semblent irréconciliables.

Un projet "utile" ou un "problème" ?Myriam El Khomri, qui a défendu le projet au Sénat toute cette semaine, juge son projet "utile" pour l'emploi, les salariés et la compétitivité. Pour Philippe Martinez, qui doit trouver une porte de sortie honorable après avoir été aux avant-postes de la contestation sociale depuis mars, cette loi est un "problème". Plus particulièrement, il dénonce les articles composant sa "colonne vertébrale" : inversion de la hiérarchie des normes, licenciement économique, référendum d'entreprise, accord de développement et médecine du travail.

Vers une suspension du débat ? Lors de la rencontre, la CGT entend demander la suspension du débat parlementaire, après avoir longtemps réclamé le retrait pur et simple. Le syndicat a l'opinion publique pour lui : plus de six Français sur dix (64%) estiment que, "face aux mouvements sociaux", le gouvernement "doit retirer" le projet de loi travail, selon un sondage Tilder/LCI/OpinionWay. Mais la ministre a opposé dès jeudi une fin de non-recevoir à toute suspension. Et "pas question" non plus de "rouvrir la négociation". Le Premier ministre "l'a rappelé à juste titre : le texte actuel est le produit d'un vrai compromis avec des organisations syndicales", a-t-elle relevé.

La CGT a des propositions. La CGT, qui refuse d'être enfermée dans un rôle de syndicat uniquement contestataire, va aussi faire des propositions à la ministre sur les cinq articles qui cristallisent les critiques des opposants à la loi (CGT, FO, Solidaires, Unsa, Unef, Fidl et UNL). "Nous allons porter des propositions qui permettent que la loi soit bien un socle de droits pour l'ensemble des salariés. Ces propositions vont renforcer le rôle de la branche professionnelle", a précisé Fabrice Angéi, membre du bureau confédéral qui participera à la réunion.