Loi Travail : quelles suites à la manifestation du 14 juin ?

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Loi Travail : quelles suites à la manifestation du 14 juin ?
@ DOMINIQUE FAGET / AFP
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STOP OU ENCORE ? - Les syndicats veulent poursuivre le mouvement mais le gouvernement invoque l’argument sécuritaire pour y mettre fin.

Pour la neuvième fois depuis mi-février, une partie des syndicats sont descendus dans la rue mardi pour contester le projet de loi Travail défendu par Myriam El Khomri. Mais cette nouvelle journée de mobilisation a-t-elle fait bouger les lignes ? Pas vraiment, à regarder la réaction du gouvernement, qui reste sur une ligne de fermeté. Suite aux violences commises mardi, ce dernier envisage même d’interdire les prochaines manifestations.

Quelle mobilisation mardi ? Le 14 juin, première journée d’action intersyndicale contre la loi Travail, devait marquer un tournant pour les syndicats. Au final, le résultat est mitigé. Avec entre 75.000 et un million de participants selon les sources, les syndicats ont certes réussi à mobiliser plus de monde à Paris que lors des précédentes manifestations. Mais au niveau national, le pic du 31 mars n’a pas été battu et, surtout, cette mobilisation a été éclipsée par les actes de violences qui ont émaillé le défilé.

Quelle est la position du gouvernement ? Du côté du gouvernement, on estime donc que cette nouvelle journée de mobilisation n’a pas fait bouger les lignes. "Le gouvernement ne changera pas un texte qui est déjà le résultat d'un compromis avec les syndicats réformistes il y a plusieurs mois", a martelé le Premier ministre mercredi sur France Inter. En clair, le fameux article 2 du projet de loi, que les syndicats veulent voir disparaître, ne bougera pas.

Et Manuel Valls d’insister sur le sujet qui fâche : les violences. "Ces manifestations ne peuvent plus durer ainsi. Et moi j'en appelle à la responsabilité d'un syndicat, la CGT, qui hier, à l'évidence, était débordé", a-t-il souligné, avant de dénoncer "une attitude ambigüe du service d'ordre de la CGT qui n'assume plus ses responsabilités" et s’est retrouvé "débordé". "Je demande à la CGT de ne plus organiser ce type de manifestations sur Paris et au cas par cas, car vous savez qu'on ne peut pas prononcer une interdiction générale, nous prendrons, nous, nos responsabilités", a-t-il prévenu.

François Hollande est allé encore plus loin mercredi en déclarant que les prochaines manifestations pourraient ne plus être autorisées. "A un moment où la France accueille l'Euro, où elle fait face au terrorisme, il ne pourra plus y avoir d'autorisation de manifester si les conditions de la préservation des biens et des personnes et des biens publics ne sont pas garantis", a prévenu le président de la République par le biais du porte-parole du gouvernement.

Que répondent les syndicats ? En face, l’heure est également à la fermeté. "Cela fait 12 ans que je suis secrétaire général de FO, je n'ai jamais connu un gouvernement, un Premier ministre, un président de la République aussi fermés aux discussions et répétant tous les jours ‘ça ne bougera pas’", a déploré le secrétaire général de FO sur iTÉLÉ. Pour Jean-Claude Mailly, cette fermeté affichée n’empêchera pas de poursuivre le mouvement : "On a un gouvernement qui est en train de jouer les prolongations. Il veut qu'on finisse aux tirs aux buts ?".

La CGT semble elle aussi prête à maintenir la pression. Dénonçant les accusations "inacceptables" du Premier ministre à son encontre, la CGT estime que "menacer d'interdire les manifestations était le signe d'un gouvernement aux abois". "Plutôt que de faire l'inventaire tendancieux d'éléments à charge contre la CGT, Manuel Valls ferait bien mieux d'entendre la majorité des salariés, des jeunes et plus largement des citoyens qui rejettent ce projet de dumping social et de destruction de notre modèle de société", conclut la CGT.

Et maintenant ? Chaque camp refusant de reculer d’un seul centimètre, le bras-de-fer devrait donc se poursuivre. Deux autres journées de mobilisations sont déjà planifiées par l'intersyndicale les 23 et 28 juin, reste à savoir si elles prendront la forme d’une grève ou d’une manifestation. A priori, le 23 juin pourrait être consacré à une journée de rencontre en région avec les élus locaux pour faire de la sensibilisation. Le 28 juin, les syndicats mobilisés remettront au gouvernement les résultats de la votation citoyenne qu’ils ont organisée sur la loi Travail. Et "peut-être il y aura des manifestations", a prévenu Jean-Claude Mailly, qui envisage une alternative en cas d’interdiction de manifester : un rassemblement devant un lieu symbolique. La CGT, de son côté, maintient pour l'instant le principe d'une manifestation. En attendant, la ministre du Travail Myriam El Khmori doit rencontrer vendredi son chef de file, Philippe Martinez, une première depuis début mars.