Loi Travail : l'extension de la "garantie jeunes" devrait coûter 420 millions d'euros

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Loi Travail : l'extension de la "garantie jeunes" devrait coûter 420 millions d'euros
Le Premier ministre Manuel Valls et sa ministre du Travail, Myriam El Khomri, portent la réforme.@ SEBASTIEN BOZON / AFP
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Selon une source gouvernementale, 200.000 jeunes pourraient bénéficier de l'élargissement de la "garantie jeunes".

L'extension de la "garantie jeunes" annoncée lundi par le Premier ministre Manuel Valls devrait coûter environ 420 millions d'euros en 2017, a estimé lundi soir une source gouvernementale.

450 euros par mois. L'exécutif table désormais sur le fait que 200.000 jeunes de moins de 26 ans bénéficient de la mesure d'accompagnement vers l'emploi l'an prochain, contre 100.000 dans son précédent objectif. Outre un accompagnement renforcé et des périodes en entreprise, la "garantie jeunes", réservée aux jeunes sans emploi ni formation, offre une allocation mensuelle de 450 euros. Sur la base de cette estimation de 100.000 bénéficiaires supplémentaires que prévu, le coût supplémentaire serait de "418 millions d'euros", selon un important conseiller. 

Un recours à 100% "théorique". Sur les 900.000 jeunes de moins de 26 ans "en précarité", quelque 500.000 sont éligibles en théorie, a précisé cette source. Si tous ces jeunes exerçaient le recours, le coût de la mesure avoisinerait 1,6 milliard d'euros, mais un taux de recours de 100% "est tout à fait théorique", souligne ce conseiller. En revanche, il réfute le chiffrage de plusieurs députés, qui estiment que le coût de la mesure pourrait aller jusqu'à 4 milliards d'euros. Ce chiffre "n'a aucun sens", selon lui.

Dans tous les départements fin 2016. La durée de la "garantie jeunes" (un an) peut être prolongée de 6 mois, au cas par cas. Déployée depuis 2013 dans 72 départements, elle doit être étendue à 19 nouveaux départements en 2016 pour atteindre 91 en fin d'année. Il y a près d'un an, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) avait jugé que cette mesure augmentait les chances de trouver un emploi ou une formation, tout en notant que la moitié des jeunes concernés étaient en CDD et peu en formation certifiante. Alors que 1,6 à 1,9 million de jeunes de 15 à 29 ans n'ont ni emploi ni formation, le CESE avait préconisé "une montée en charge" pour que ce dispositif "devienne un droit" pour tous les jeunes concernés.