Loi Travail : à Belfort, les "Alsthommes" manifestent pour garder leur usine

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Loi Travail : à Belfort, les "Alsthommes" manifestent pour garder leur usine
A Belfort, les manifestants contre la Loi Travail ont symboliquement démarré leur défilé au pied de l'usine Alstom. @ Sebastien Bozon / AFP
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Entre 700 et 1.000 personnes défilent dans les rues de Belfort pour réclamer le maintien de l'activité du site Alstom. 

"Alstom c'est Belfort, Belfort c'est Alstom. Alstom vivra". Des centaines de manifestants ont commencé à défiler jeudi depuis l'usine pour réclamer le maintien de l'activité ferroviaire à Belfort, une semaine après l'annonce de son transfert vers l'Alsace d'ici à 2018.

Une mobilisation importante.Dans les rues de la ville, le défilé contre la loi Travail s'est transformé en manifestation des "Alsthommes". Près de 700 personnes selon la police, 1.000 selon la CGT sont parties à pied depuis l'usine. Parmi les manifestants, certains étaient en tenue de travail, casquette vissée sur la tête et veste rouge et grise aux couleurs du constructeur ferroviaire. "La plupart des salariés d'Alstom sont dehors aujourd'hui, même ceux qui n'ont pas l'habitude de manifester", expliquait Pierre, plus de 30 ans passés à l'usine. "Nos familles vont nous rejoindre, il y a aussi beaucoup de retraités".

Montrer "qu'on veut travailler". En ce jour de manifestation nationale contre la loi Travail, "il faut marquer le coup", confiait cet employé. "On est quand même près de 500 salariés, le TGV est sorti de nos murs. Ils ne peuvent pas fermer Alstom Belfort comme ça", poursuivait-il, avouant garder espoir, sans croire pour autant au miracle. "On attend une commande publique qui puisse nous sauver, ajoutait-il. On se mobilise pour montrer aux politiques et aux dirigeants qu'on veut travailler". Des dirigeants, qui espèrent que la SNCF les sortira d'une crise potentiellement explosive, à huit mois de la présidentielle, en commandant des TGV.

Le sentiment d'être pris en otage. "On nous utilise pour faire un bras de fer avec le gouvernement afin d'avoir des commandes pour Alstom, ce qui n'empêchera pas la fermeture de Belfort", balayait, pessimiste, Gilles, employé au bureau d'études. Un sentiment partagé par beaucoup, qui se sentent pris en otage par ces négociations médiatiques et organisées dans l'urgence, alors que "le gouvernement n'a pas eu de politique industrielle depuis plusieurs années", dénonçait Francis Kronenberger, 37 ans chez Alstom.

Depuis sa fenêtre, Simone, 87 ans, encore drapée dans sa chemise de nuit, regardait passer le cortège. "Y a du travail à Alstom, alors pourquoi ils veulent fermer le site ? Qu'est-ce qu'ils vont devenir ces gens-là ? Si Alstom ferme, qu'est-ce que Belfort va devenir ?".