Loi Sapin 2 et la colère des artisans : l'opération déminage du gouvernement

Le gouvernement en lien avec le cabinet du ministre de l'Economie Michel Sapin a décidé de supprimer l’article qui pose problème.
Le gouvernement en lien avec le cabinet du ministre de l'Economie Michel Sapin a décidé de supprimer l’article qui pose problème. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Anne-Laure Jumet , modifié à
L'article 43 de la loi, pointé du doigt par les artisans, ne rend plus nécessaire le diplôme pour effectuer un certain nombre de tâches.
INFO EUROPE 1

Selon les informations d'Europe 1, le gouvernement va déminer un volet de la loi Sapin 2 discutée depuis lundi à l'Assemblée nationale : l’article 43. Une disposition qui supprime l'exigence de qualification imposée pour exercer certains métiers, notamment dans le bâtiment. 

Les artisans vent debout. Depuis plusieurs jours, les artisans mènent une intense campagne de lobbying. Ils ont notamment diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo mettant en scène plusieurs ministres devenant du jour au lendemain électricien, boulanger ou encore maçon. "La suppression des qualifications tendrait à appauvrir très rapidement les savoir-faire artisanaux qui pourtant contribuent à l'attractivité de la France et à la renommée de ses produits", a souligné lundi l'Union professionnelle artisanale (UPA).

Un nouvel amendement. Face à la polémique, le gouvernement en lien avec le cabinet du ministre de l'Economie Michel Sapin a décidé de supprimer l’article qui pose problème. A la place, un nouvel amendement est prévu et devrait être déposé jeudi. Il restreint les champs des travaux pouvant être effectués sans qualifications : les tâches courantes, élémentaires ou d’entretien ainsi que les menues réparations. La liste précise sera définie après avis des organisations professionnelles.

Pas assez pour l'UPA. L'UPA qui représente les artisans a indiqué ne pas être satisfaite de cette nouvelle version. Pour elle, le sujet des qualifications doit être complètement évacué de la loi. Le rapporteur du texte, Dominique Potier, est quant à lui conscient qu’il va devoir encore faire de la pédagogie auprès des professionnels : "Il ne faut pas toucher à la robustesse de l’artisanat, mais en même temps il faut permettre à des gens qui veulent entreprendre de le faire sans passer par la case apprentissage", a-t-il commenté au micro d’Europe 1.