Livret A : un taux abaissé à 1,25% ?

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Livret A : un taux abaissé à 1,25% ?
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C'est ce que recommande la Banque de France alors que mécaniquement il devrait tomber à 1%. Explications.

L'info. Pour la Banque de France, c'est 1,25%. L'institution a annoncé vendredi matin qu'elle recommandait d'abaisser le taux du Livret A à 1,25% à partir du 1er août, contre 1,75% actuellement. Ce serait un retour au taux le plus bas jamais accordé pour ce placement plébiscité par les Français.

Pourtant, si la formule de calcul était appliquée à la lettre, le taux de rémunération serait encore plus bas, à 1% au 1er août. Et le débat a été vif ces derniers jours entre partisans d'un geste politique et ceux d'une application strict des règles de calculs : "si l'on raisonne de façon mécanique, on devrait descendre entre 1 % et 1,25 %" a indiqué Jean-Pierre Jouyet, le président de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) dimanche dans le Journal du Dimanche. Mais "politiquement, on peut considérer qu'il ne faudrait pas baisser le taux au-dessous des 1,50%", avait-il aussitôt indiqué.
978x489 LeLab - La promotion de Jouyet ne passe pas

Afin de ne pas trop affecter l'épargne des Français, le gouvernement devrait en effet choisir de ne pas trop réduire le taux. Explications.

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Le raisonnement mécanique. Le taux du Livret A, révisé deux fois par an le 1er février et le 1er août, répond à une formule mathématique claire, qui permet en principe d'éviter un recours à des décisions politiques. Pour faire simple, il s'agit du chiffre le plus élevé entre soit la moyenne des taux auxquels les banques se prêtent de l'argent, soit l'inflation majorée de 0,25 %. Le taux est ensuite arrondi au quart de point le plus proche.
Boursier.com - "On devrait descendre le taux du Livret A entre 1 et 1,25%", estime Jean-Pierre Jouyet

Comme les taux bancaires sont très faibles, c'est l'inflation qui est utilisée pour le calcul depuis quelques années. Or depuis quelques mois, celle-ci connait un fort ralentissement : de 1,2 % en janvier, l'inflation française est tombée en juin à 0,9 % sur un an, selon l'Insee. Dans ces conditions, le taux de rémunération du Livret A devrait donc être abaissé à 1,05%, arrondi à 1%.

C’est l’avis exprimé par Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France lundi matin : "le chiffre qui résulterait spontanément de la formule serait plutôt vers le bas de cette fourchette [1% à 1,25% ndlr], voire un peu plus bas", a-t-il déclaré.

Le raisonnement économique. Pour Jean-Pierre Jouyet, le taux gagnerait à être réduit au maximum : la CDC est en effet chargée de gérer les sommes déposées sur les Livrets A des Français, notamment en prêtant de l'argent aux offices HLM. Elle investit donc les fonds et rémunère les épargnants. "Moins l'épargne est rémunérée, et donc moins elle est coûteuse pour la Caisse des dépôts, plus les offices HLM à qui nous prêtons s'y retrouvent", a-t-il expliqué dimanche.

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Boursier.com - Christian Noyer voit le taux du Livret A plutôt vers 1% ou 1,25%
Là encore, Christian Noyer partage son avis : selon lui, la croissance et l'emploi se porteront mieux si le financement de l'économie et des logements sociaux se fait à taux bas. "De mon point de vue, la priorité, c'est le redémarrage de la croissance (...) et la réduction du chômage. Le fait que les taux d'intérêts baissent, d'une façon générale, c'est une bonne chose", a-t-il estimé sur BFM Business.

Le raisonnement politique. Pierre Moscovici, de son côté, a promis que la baisse serait limitée. "Nous attendons la prévision d'inflation et ensuite, en fonction de cela, et aussi en fonction d'un souci de préserver le pouvoir d'achat du livret A, je prendrai, sur sa proposition, mes décisions. Et ça se fera fin juillet", a déclaré le ministre mercredi.

Le Livret A est en effet l'un des placements préférés des Français, qui y ont déposé un total de 265 milliards d'euros, et le gouvernement tient à ce que les dépôts restent importants, afin de ne pas déprimer plus encore les Français. En période de crise, ce serait un coup de pouce bienvenu même s'il reste symbolique :avec un placement moyen sur un livret A qui oscille autour de 3800 euros, un taux à 1,25% ne représente que 47,50 euros d'intérêts par an. Un retrait massif réduirait, de plus, les marges de manœuvre de la CDC.

C'est pourquoi jeudi, à Bercy et au Parti Socialiste, on milite pour que le taux remonte jusqu'à 1,50%. C'est la barre qu'avait également évoqué Jean-Pierre Jouyet : "politiquement, on peut considérer qu'il ne faudrait pas baisser le taux au-dessous des 1,50%", avait-il déclaré au JDD. Si c'est le taux retenu, François Hollande pourrait bien l'annoncer lors de son entretien à la télévision le 14 juillet.