Licenci'elles : femmes au cœur de(s) lutte(s)

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Licenci'elles : femmes au cœur de(s) lutte(s)
Des employés de la FNAC, Fralib, Goodyear, PSA, Sanofi, Sony, Virgin, Coca-Cola, ou encore Haribo sont attendus pour faire front commun. À l'origine du mouvement : l'association Licenci'elles@ Capture d'ecran Facebook
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PORTRAIT - Comme en janvier, cette association organise mardi une manifestation de salariés de divers sites.

L'ACTU. François Hollande a annoncé lundi une loi pour faciliter la reprise des sites rentable. Une déclaration qui n'intervient pas à n'importe quel moment : mardi, une journée de mobilisation en soutien des salariés de l'usine Goodyear d'Amiens Nord, menacée de fermeture, est organisée à Reuil Malmaison, devant le siège de l'entreprise. Des employés de Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Virgin, Coca-Cola, ou encore Haribo sont attendus pour faire front commun. À l'origine du mouvement : l'association Licenci'elles, qui avait déjà organisé un rassemblement similaire le 28 janvier, devant les portes du ministère du Travail.



>>> Qui sont donc ces Licenci'elles, devenues moteur de la contestation ? Europe1.fr dresse leur portrait. 

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© Capture d'écran Facebook

Les 3 Suisses, leur première bataille. Leur histoire démarre en mars dernier, date de la création des Licenci’elles, par six ex-salariées des 3 Suisses. Deux mois plus tôt le groupe annonçait la fermeture de 35 boutiques, emportant ainsi 149 salariés, à 90% des femmes. Au départ, l'objectif de l'association est donc de "faire le lien entre tous salariés du groupe", pour organiser la lutte et empêcher le plan social, ou obtenir les meilleures conditions de licenciement possibles. À Ajaccio, Mulhouse, Montpellier ou Brest, des dizaines d'ex-salariés rejoignent vite les rangs. En vain, car le plan social a finalement bien lieu. Mais les Licenci'elles continuent de se battre encore aujourd'hui. Elles appuient et informent 70 salariés des 3 Suisses qui ont déposé un recours aux Prud'hommes,  pour obtenir l'annulation du "motif économique" de leur licenciement. Selon elles, ce motif ne tient pas, car le groupe Otto, actionnaire majoritaire, se porte très bien. "Quand on regarde l’exercice qui vient de s’écouler, on se dit que si certains ont perdu leur travail, certains n’ont pas oublié de s’enrichir", plaidait ainsi leur avocat, Me Fiodor Rilov, en novembre dernier. La décision a été mise en délibéré au 28 mars.

Un credo qui devient national. L'objectif des Licenci'elles dépasse largement le combat mené contre la direction des 3 Suisses. "Il s'agit d'aider les femmes qui luttent contre les licenciements économiques dans les entreprises ou les groupes qui font des bénéfices. Nous allons leur fournir une aide, parfois une aide juridique, et leur faire partager notre expérience", détaillait Marie-Christine Lecompte, secrétaire de l'association,  en avril dernier, dans une interview au site Egalité.  Aux sorties des usines, dans la rue, dans les manifs, ou même à la fête de l'humanité, les membres veulent fédérer large, et s'entretiennent régulièrement avec les salariés de Lejaby, Sodimédical ou Goodyear.



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© Capture d'écran Facebook

Ne confondez pas avec un syndicat. Les Licenci'elles se veulent dénuées de "toute étiquette" politique ou syndicale assure Corine Sorin, membre de l'association, auprès d'Europe1.fr. Même si elle est, aujourd'hui, déléguée FO au Crédit agricole. Mais pour certains membres, le mot syndicat est même proscrit. "On n'est pas syndiquées, on ne connaît pas la lutte. Pour moi, le mot 'syndicat' n'avait pas de sens et on se rend compte que, dans la conjoncture actuelle, les femmes sont les plus touchées et ce sont des associations de femmes qui nous ont aidées", témoignait ainsi Séverine, l'une des membres, citée par Le Monde fin janvier dernier. "On devient militant alors qu’on ne l’était pas du tout. On est des salariées lambda, propulsées dans la lutte", confirmait également la secrétaire de l'association, Marie-Christine Lecompte, en novembre dernier, qui est elle-même devenue déléguée CGT à la suite des difficultés des 3 Suisses.

Pour les suivre. La lutte version 2013 passe également beaucoup par le web. Info, partage d'articles de presse,  appel au rassemblement… l'association poste au moins un commentaire par jour sur sa page Facebook (507 abonnés)  et tweete tout autant (376 followers).