LGV, routes : tous les projets ne seront pas réalisés

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LGV, routes : tous les projets ne seront pas réalisés
Les LGV sont particulièrement visées dans l'objectif de réduction des dépenses.@ REUTERS
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Rigueur oblige, le plan de transport initialement fixé à 245 milliards d'euros devrait être réduit à... 30 milliards.

Les projets de transports n'échapperont pas à la cure de minceur économique prônée par le gouvernement. Un rapport remis jeudi par le député socialiste du Calvados, Philippe Duron, à Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, établit une liste de priorités parmi les 70 projets d'infrastructures à bâtir d'ici 2030. Et tout ce qui ne relève pas de ces priorités doit être reporté à plus tard, rigueur budgétaire oblige, conclut ce rapport. Initialement chiffrée autour des 245 milliards d'euros, l'enveloppe devrait ainsi être près de dix fois moins grosse, avec un budget autour de 30 milliards. Et les recommandations du député socialiste semble avoir toutes leurs chances d'être mise en œuvre. Le rapport Duron "fait un diagnostic précis, que je partage, de nos besoins de transport", a ainsi déclaré jeudi le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, dans une interview à Usine nouvelle.

>>> Europe1.fr fait le point sur les projets, classés par le rapport en trois classes : prioritaires (avant 2030), "moins convaincants" (après 2030) et "horizon lointain" (après 2050).

CEUX JUGES PRIORITAIRES

Améliorer les dessertes portuaires. Le rapport préconise à Frédéric Cuvillier, ministre des Transports mais aussi de la Mer - et originaire de Boulogne-sur-Mer - d'améliorer les dessertes portuaires pour encourager le fret et pour que les marchandises circulent mieux, d'après le rapport qu'Europe 1 a pu consulter.

Renforcement de l'accès aux grosses métropoles. Plus de voies vont être créées autour des grandes gares des grosses villes comme Paris, Marseille et Lyon. Mais tout l'argent ne sera pas investi sur "PLM". Le rapport propose par exemple de financer pour un milliard d'euros l'axe routier entre Mâcon et Montluçon. Cela permettrait de traverser la France d'Est en Ouest

La LGV Toulouse-Bordeaux. Jugées très coûteuses, les lignes LGV ne vont pas se développer à vitesse grand V d'ici 2030. L'une des seules - ou la seule ? - devrait être la ligne Bordeaux-Toulouse, très attendue en Haute-Garonne.

CEUX QUI SERONT REPORTÉS OU SUPPRIMÉS

La LGV Rhin-Rhône. Les branches Ouest et Sud du TGV Rhin-Rhône ne résisteront pas au rapport Duron. Estimés à plus de 7 milliards d'euros, ces projets ne sont pas jugés prioritaires par la commission. "C'est une véritable injure qui est faite au territoire", déplore écoeuré Charles Buttner, le président du Conseil général du Haut-Rhin, sur Europe 1. "82 millions d'euros sont déjà dépensés, tout est prêt pour démarrer tout de suite", lance-t-il, comme un ultime appel du pied désespéré. "Il y a aussi 200 millions d'euros qui sont là, sur un plateau, amenés par l'Europe", souligne-t-il encore, estimant au passage comme nombre de ses collègues Alsaciens que reporter ce projet va "aussi freiner l'emploi".

D'autres LGV. Les lignes Paris-Amiens-Calais (estimée à près de 6 milliards d'euros), Toulouse-Narbonne (3,8 milliards), ou encore Tours-Lyon vont passer à la trappe, selon Le Parisien de mercredi.

Plusieurs projets routiers. L'autoroute A51 entre Gap et Grenoble (2,3 milliards d'euros), l'autoroute A831 entre Fontenay le Comte (Vendée) et Rochefort (Charente-maritime) (750 millions d'euros), l'autoroute A26 entre Troyes et Auxerre (500 millions d'euros), le désenclavement routier du Chablais (Savoie) (270 millions d'euros), ou l'autoroute A51 entre La Saulce (Hautes-Alpes) et La Bâtie Neuve (Hautes-Alpes) (200 millions d'euros) ne sont pas considérés comme prioritaires par la commission.

Un canal trop coûteux. Le canal Seine-Nord Europe qui devait traverser la Picardie et dont le coût est chiffré à 4,5 milliards sera lui aussi abandonné, selon les conclusions du rapport qu'Europe 1 a consulté.