Les "vrais" chiffres du chômage

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Les "vrais" chiffres du chômage
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DECRYPTAGE - La nouvelle hausse du chômage en février révèle en fait une situation paradoxale. 

Le chômage progresse moins vite qu'au mois de janvier, mais il augmente tout de même, pour le dixième mois consécutif en France. Le nombre de demandeurs d'emplois a cru, surtout chez les seniors, de 6.200 en février pour s'établir à 2.867.900. Un niveau jamais atteint depuis octobre 1999.

En constante augmentation

Comment expliquer une hausse aussi durable ? Deux éléments sont particulièrement révélateurs. D'une part, Pôle Emploi a proposé moins d'offres en février. Et d'autre part, ces offres portaient majoritairement sur des contrats courts, des emplois de moins d'un mois. Ceci démontre que le marché de l'emploi a du mal à repartir et que les employeurs n'ont aucune visibilité.

De fait, le gouvernement prévoit une croissance, au mieux, de 0,7% cette année. Et ce niveau ne permet pas à l'économie française de créer des emplois. Au contraire, elle en détruit.

La création d'emplois se heurte également à deux phénomènes, l'inertie du marché du travail et le "syndrome du pouf".

L'inertie du marché du travail

Le problème du chômage résulte notamment de l'inertie du marché du travail français. En effet, malgré une éventuelle et immédiate reprise en flèche de l'économie, le chômage continuerait à croître pendant au moins six mois. Et pour cause, les procédures de plans sociaux sont souvent longues, et les emplois détruits ne sont comptabilisés que plusieurs mois plus tard. Mais cela s'explique aussi parce que les employeurs n'embauchent qu'après plusieurs mois de reprise économique, une situation dont la France est encore loin.

Le "syndrome du pouf"

Mais le chômage français découle aussi de ce qu'on appelle le "syndrome du pouf". Grâce aux amortisseurs sociaux et aux emplois aidés, le marché du travail français tombe en général moins bas que chez ses voisins. Mais, comme sur un pouf, l'emploi peine ensuite à repartir parce qu'il n'y a pas de "rebond" quand les autres économies, elles, se relancent.

Ceci explique tout le paradoxe de la situation actuelle : d'une manière globale, l'économie française se porte mieux qu'il y a six mois. Mais cela reste insuffisant pour relancer le marché du travail.

En clair, si la hausse du chômage est moins forte, la tendance reste à l'augmentation. Et ce au moins jusqu'à la rentrée de septembre.