Les vraies raisons de la baisse du chômage

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Les vraies raisons de la baisse du chômage
Si l’amélioration du marché du travail est réelle, elle reste encore très fragile.@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Si le nombre de chômeurs a baissé en juillet, le nombre de demandeurs d'emplois exerçant une petite activité accuse une légère hausse.

Le chômage repart à la baisse. Après deux mois décevants, le gouvernement espérait renouer avec la dynamique du début d'année et voir le nombre de demandeurs d'emplois repartir à la baisse. Au mois de juillet, le nombre de chômeurs a fondu de 19.100 personnes, soit un repli de 0,5%.

"Retournement de tendance". Cette baisse du nombre de chômeurs sans aucune activité efface les hausses constatées en mai et en juin. Dans un communiqué publié en même temps que les chiffres, la ministre du Travail parle ouvertement de "retournement de tendance", en faisant observer qu’il y a aujourd’hui en France 75.000 chômeurs de moins qu’en janvier.

Myriam El Khomri se réjouit aussi de constater qu’en juillet, toutes les classes d’âge profitent de la baisse, et que pour le cinquième mois consécutif, le nombre de chômeurs de longue durée diminue, un phénomène inédit depuis huit ans.

Oui mais... Si ces indicateurs sont positifs, il convient de souligner que le nombre de chômeurs qui exercent une petite activité, lui, a augmenté en juillet. Si bien qu’au total, en additionnant le nombre de chômeurs sans activité et de chômeurs exerçant un petit emploi, on a assiste non pas à une baisse, mais à une légère hausse de 0,1%.

Un marché du travail encore fragile. Cette évolution illustre un phénomène de vases communicants qu’on observe depuis le début de l’année. Si l’amélioration du marché du travail est réelle, elle reste encore très fragile et prend souvent la forme d’emplois précaires. D’où la volonté du gouvernement de réorienter les chômeurs vers des filières qui recrutent. C’est le but du plan " 500.000 formations supplémentaires" mis en œuvre depuis le début de l’année. Un plan dont on voit la traduction dans les chiffres de juillet. La catégorie D (celle qui regroupe les chômeurs en formation) a vu ses effectifs grossir de 10% sur le trimestre.