Les syndicats très critiques envers Ghosn

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Les syndicats très critiques envers Ghosn
"Les excuses publiques de M. Ghosn sur TF1 sont un minimum" estime la CGT Renault.@ REUTERS
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La réponse du patron de Renault après la pseudo affaire d'espionnage est jugée "inadmissible".

La direction de Renault a fait son mea culpa lundi au sujet de la vraie-fausse affaire d’espionnage mais les syndicats n'entendent pas en rester là. La CGT Renault a jugé mardi "inadmissible que ce soit l'entreprise et donc les salariés qui paient pour les fautes commises par leurs dirigeants", après que le PDG, Carlos Ghosn, a annoncé lundi une indemnisation des trois cadres licenciés à tort.

Carlos Ghosn s'est engagé à réintégrer et/ou indemniser ces trois salariés désormais blanchis des accusations d'espionnage industriel en promettant que les indemnités seraient "à la mesure du préjudice qu'ils ont subi". La CGT du groupe automobile écrit dans un communiqué que "les excuses publiques de M. Ghosn sur TF1 sont un minimum" même si elles "n'effaceront sans doute pas le traumatisme des trois cadres et de leur famille".

La CFE-CGC estime pour sa part que le dossier "est loin d'avoir livré tous ses secrets". "Il faut laisser la justice agir afin d'apporter les vraies réponses que les salariés attendent pour retrouver la sérénité nécessaire", ajoute le syndicat de cadres.

"Tirer un peu plus de conséquences"

Selon Alain Gueguen, délégué Sud interrogé par l'AFP, "on a demandé réparation pour les trois salariés, mais si quelqu'un doit payer, ce sont les responsables de Renault". "Que Carlos Ghosn renonce à une partie de sa rémunération, c'est bien, mais il faut savoir que par rapport à sa rémunération globale, c'est de l'argent de poche", a-t-il ajouté.

Seule Laurence Parisot, la présidente Medef, a salué l’attitude du PD-G de Renault. "Il est très important que Carlos Ghosn soit venu sur le plateau d'un journal de 20 heures pour dire qu'il s'était trompé" et qu'il ait "assumé son erreur et présenté ses excuses", a estimé Laurence Parisot. "Je dois dire qu'il l'a fait un peu à la japonaise", a-t-elle enchaîné, affirmant "espérer que cette façon de faire soit vraiment la norme".

Du côté de la classe politique, le député Jean-Pierre Brard (app-PCF) a estimé mardi que "le comportement indigne de Carlos Ghosn doit être sanctionné" et que le PDG de Renault "doit partir". Une position partagée par Martine Aubry qui a demandé mardi le départ de Carlos Ghosn. "Quand un salarié fait une erreur, fait une faute dans une entreprise, il n'a pas à s'excuser, il est dehors, alors moi je dis simplement que Carlos Ghosn doit en tirer un peu plus de conséquences", a déclaré la première secrétaire du PS.