Les syndicats de France Télécom furieux

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Les syndicats de France Télécom furieux
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Un nouveau suicide a eu vendredi à France Télécom : une salariée s'est jetée de la fenêtre de son bureau situé au 4e étage d'un immeuble parisien.

Face au nouveau suicide d'une salariée de France Télécom, le 23e en un an et demi, Xavier Darcos a proposé samedi d'envoyer le directeur général du travail dans l'entreprise. De leur côté, les syndicats expriment de vives critiques contre le management du groupe.

La dernière victime,une jeune femme de 32 ans, est décédée vendredi après s'être jetée par la fenêtre de son bureau. Deux jours plus tôt, un autre salarié avait tenté de se tuer en se plantant un couteau dans le ventre en pleine réunion.

Le ministre du Travail Xavier Darcos, qui doit rencontrer le PDG du groupe Didier Lombard en début de semaine, a annoncé samedi qu'il comptait proposer "que le directeur général du travail, autorité centrale de l'inspection du travail en France, assiste à une prochaine réunion du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail" de l'entreprise.

Jeudi, au soir d'une mobilisation nationale, la direction s'était déjà engagée à suspendre provisoirement les mobilités et à recruter des DRH et médecins du travail.

Mais depuis ce 23e suicide, FO-Com, CGT, CFTC et Sud-PTT, ont réclamé tour à tour à l'entreprise des "mesures radicales", la plupart appelant l'Etat à "prendre ses responsabilités", en tant qu'actionnaire majoritaire, et FO menaçant de faire jouer son droit de retrait (qui permet à un salarié se jugeant en danger de cesser le travail).

D'autant que l'inquiétude reste forte : "je suis intimement convaincu qu'il va y avoir d'autres cas", car "on oublie tout ceux" qui "font des tentatives sans qu'on le sache ou qui sont en arrêt de maladie", a souligné Patrice Diochet (CFTC).

Depuis plusieurs années, les syndicats déplorent le malaise au travail et la pression sur les salariés, notamment pour les inciter à partir dans le cadre d'un plan de départs volontaires qui a permis de se séparer en trois ans de 22.000 salariés (pour 5.000 embauches).