Les salariés à vélo de "Take Eat Easy" n'ont pas été payés en juillet

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Les salariés à vélo de "Take Eat Easy" n'ont pas été payés en juillet
IMAGE D'ILLUSTRATION @ LEON NEAL / AFP
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La start-up belge a fait faillite fin juillet dernier... sans payer ses salariés.  

"Take Eat Easy" permettait, depuis 2013, aux clients paresseux de se faire livrer à domicile les repas de leurs restaurants préférés, par l'intermédiaire de coursiers à vélo. Mais la société belge, qui employait près de 2.500 livreurs en France, a plié boutique en début de semaine dernière, le lundi 25 juillet à minuit. Cette startup belge a raté sa dernière levée de fond, et s'est donc retrouvée contrainte de congédier tous ses livreurs. Elle ne les a pas payés en juillet.

"Je vais peut-être vendre mon ordinateur". Ces livreurs à vélo confient aujourd'hui, désabusés, que "Take eat easy" leur doit 800, parfois 1.000 euros. Ils sont des centaines, des étudiants, de jeunes diplômés, à ne pas avoir touché leur dû ce mois-ci. "Ils me doivent encore 940 euros. Ma mère a dû me verser de l'argent. Je vais peut-être devoir vendre mon ordinateur pour rentrer dans mes frais...", témoigne ainsi Melchior, étudiant-livreur, au micro d'Europe 1. 

Vers une jurisprudence aux Prud'hommes ? Pour ce job, les étudiants devaient se mettre en auto-entrepreneur. Un statut qui permettait au livreur de s'assurer un revenu plus avantageux. Sans penser qu'en contrepartie, ils n'auraient aucune garantie de salaire en cas de faillite. La seule solution qui leur reste, selon l'avocat Gilles Joureaux joint par Europe 1, c'est que la justice les considère comme de vrais salariés.

"Ses livreurs sont soumis aux règles, à la discipline de la plateforme, n'ont pas le pouvoir de prendre une commande ou de la refuser, de choisir le chemin. En conséquences, ce sont de vrais salariés", estime cet avocat. Ce dernier a déjà engagé plusieurs affaires similaires devant le tribunal des Prud'homme. Il espère faire jurisprudence, comme il y a peu aux Etats Unis.