Les retraites le 1er du mois, est-ce possible ?

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Les retraites le 1er du mois, est-ce possible ?
Le président-candidat veut avancer le versement des pensions de retraite le 1er du mois, contre le 8 actuellement.@ MAXPPP
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Sarkozy propose de verser les retraites le 1er au lieu du 8. Coût estimé : 200 millions d'euros.

Verser les retraites le 1er du mois au lieu du 8, comme c'est le cas actuellement, c'est la promesse de Nicolas Sarkozy s'il est réélu chef de l'Etat. Cette mesure qui devrait ravir les premiers concernés se heurtent à des difficultés administratives et financières. Le point avec Europe1.fr.

Avantageux pour les retraités. Cette proposition de Nicolas Sarkozy serait loin d'être anecdotique. Selon le président-candidat, elle changerait "la vie quotidienne de 15,5 millions de Français retraités" et permettrait à certains de ne plus avoir des "comptes en banque déficitaires". Car comme tout actif, les retraités ont des dépenses qui sont prélevées en début de chaque mois.

Un casse-tête pour l'administration. Le décalage du versement du 8 au premier de chaque mois risque de poser un véritable problème technique. La raison ? Le système des retraites repose sur le principe de la répartition : elles sont payées avec les cotisations prélevées sur les salaires des actifs, qui sont eux versés dans les derniers jours du mois. C'est bien là le souci. Car il faut environ cinq à six jours aux Urssaf pour collecter les cotisations et les centraliser à l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), sachant qu'ensuite un à deux jours sont nécessaires pour effectuer le virement des caisses de retraites. 

Un coût énorme en vue. Pour permettre ce bouleversement, la Caisse nationale d'assurance vieillesse serait alors contrainte d'emprunter auprès des banques environ 10 milliards d'euros pour faire parvenir l'argent aux caisses de retraite à temps et pour que celles-ci puissent payer les pensions le 1er du mois. Et ce, chaque mois et pour quelques jours, en attendant le versement des cotisations. Le coût de ces emprunts pourrait avoisiner les 200 millions d'euros par an, a révélé le ministre du Travail Xavier Bertrand.