Les récoltes 2014 feront-elles du bon vin ?

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Les récoltes 2014 feront-elles du bon vin ?
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A BOIRE - Les vendanges débutent après une année météorologique atypique. Mais la cuvée s’annonce bonne.

Alors que les premières vendanges ont débuté, les viticulteurs français commencent déjà à faire un premier bilan sur leurs récoltes de l’année 2014. Une année pas comme les autres puisque la météo a été particulièrement capricieuse avec un hiver plutôt doux et un été pluvieux. Ces conditions climatiques peuvent-elles altérer la future cuvée 2014 ?

>> Europe1.fr a posé la question à deux vignerons : Jérôme Depsey, viticulteur dans l’Hérault, secrétaire général adjoint de la FNSEA et président du conseil spécialisé des vins de FranceAgriMer, et Thomas Montagne, vigneron au Château de Clapier et Président de la Confédération Européenne des Vignerons Indépendants.

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Oui, la quantité sera là. Le premier constat porte sur le volume de raisin attendu, qui devrait être en hausse par rapport à l’année précédente selon les première données récoltées par France AgriMer. Avec 45,4 millions d’hectolitres de vin attendus, la France renoue avec sa production habituelle après deux années décevantes… elles aussi marquées par une météo capricieuse. La Champagne, l’Alsace, la Corse devraient notamment réaliser de très bonnes récoltes.

Et la qualité aussi. Le vin coulera donc en abondance, mais qu’en est-il de la qualité ? "On va vraiment sur un millésime et une qualité prometteuse pour cette campagne. Toutes les conditions sont réunies cette année", assure Jérôme Depsey. Ce que confirme Thomas Montagne, qui précise : "au niveau qualitatif, je pense qu’on aura quelque chose de très fruité, avec une belle vivacité. Peut être pas des tanins très puissants, encore que cela dépendra des endroits puisque certaines régions ont manqué d’eau".

Mais au fait, quelles sont les conditions pour obtenir un bon vin ? "C’est un équilibre. Il faut d’abord qu’on puisse avoir des réserves de pluviométrie durant l’automne et l’hiver. Le printemps est le moment le plus délicat car c’est à ce moment que les conditions climatiques sont les plus importantes pour éviter d’avoir des avortements ou d’autres difficultés. Puis pendant l’été, pour la maturité du vin, il ne faut pas de conditions climatiques excessives, de l’amplitude de température entre la nuit et le jour. C’est plus favorable au développement des arômes dans le raisin", détaille Jérôme Depsey.

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Ces régions où le vin coulera à flot. Résultat de ce bon cru, le Bordelais – hormis le Medoc -devrait voir sa production rebondir de 40% par rapport à 2013. De même, la production en région Champagne devrait augmenter de 20%. Enfin, l’Alsace et la Corse devraient également remplir leurs cuves.

Mais la sécheresse a touché le Sud. La météo n’a donc pas été néfaste au secteur viticole, du moins au niveau national. Au niveau local, c’est plus contrasté car certaines régions ont payé un lourd tribu. C’est notamment le cas du Languedoc Roussillon, où est installé Jérôme Depsey : "la région voit sa production fortement diminuer, principalement en raison d’aléas climatiques : l’excès de sécheresse pendant le printemps et les épisodes de grêle qu’il y a eu au courant du mois d’août".

"La vigne est une culture qui ne craint pas trop la sécheresse mais elle adapte son rendement à l’eau qu’elle a reçue. Donc année sèche, petit rendement", abonde Thomas Montagne. Ajoutez-y de violents épisodes de grêle et vous obtenez une production en recul de 10%. Les vins de pays de l’Hérault, les pays d’Oc, les coteaux de Béziers, les côtes de Thau, le Minervois, le Malepère ainsi que certaines appellations de Provence se feront donc plus rares dans les rayons en 2015.

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Et la Bourgogne a subi (encore) la grêle. Cette région n’a pas connu de sécheresse mais de la grêle à répétition. "A Volnay et Pommard, certaines exploitations sont à 80, 90% de perte. Il y en a donc qui ne récolteront pratiquement rien cette année. C’est dramatique, d’autant plus que cela fait deux trois ans de suite qu’ils sont grêlés pour certains. Il ne s’en relèveront pas", regrette Thomas Montagne.

"Les viticulteurs sont malheureusement très peu assurés : seuls 100.000 des 800.000 hectares de notre pays le sont. Comment fait-on pour qu’il n’y ait pas de rupture d’approvisionnement, et derrière des pertes de marché derrière ?", confirme le secrétaire général adjoint de la FNSEA. Qui a donc demandé au gouvernement d’autoriser les achats de raisins dans une même zone d’appellation d’origine pour éviter que certaines exploitations se retrouvent à sec.

Le vin bio, victime idéale de la météo ? La question se pose puisque le vin biologique nécessite encore plus d’attention.  Mais pas d’inquiétude de ce côté-là, si ce n’est que les viticulteurs ont dû travailler davantage. "Le cuivre qu’utilisent essentiellement les vignerons bio pour lutter contre le mildiou est lessivé par la pluie, contrairement à des produits systémiques qui peuvent être employés en viticulture conventionnelle, pénètrent dans la plante et sont à l’abri de la pluie. Dès qu’il tombe 25 mm d’eau, un viticulteur bio doit donc retraiter", conclut Thomas Montagne.

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