Les ratés du régime de l'auto-entrepreneur

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Les ratés du régime de l'auto-entrepreneur
Le ministre de l'Economie présentera la "Loi Noé" en janvier prochain,@ LIONEL BONAVENTURE / AFP
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Sur un an, le nombre d'auto-entrepreneurs a baissé de plus de 17 %, selon l'INSEE. Les lourdeurs et les complexités administratives ne sont pas étrangères à cette baisse.

Le régime des auto-entrepreneurs est-il à bout de souffle ? En un an, le nombre de créations d'entreprises régies par ce statut a chuté de 17 %. Dans certains secteurs, les règles édictées par le gouvernement pour satisfaire les artisans sont devenues trop complexes.

Une formation de cinq jours obligatoire. Depuis l'été 2014, un auto-entrepreneur qui se lance dans l'artisanat doit, par exemple, obligatoirement faire un stage de cinq jours avant de commencer son activité. Un stage qui lui coûte 180 euros et un temps précieux, d'autant que, dans certaines régions, l'attente est de plusieurs semaines.

"Un stage de cinq jours, qui touche à la fois à des problématiques de salariat, de comptabilité, d'accessibilité de locaux, des problématiques parfois très techniques, ça a du mal à passer", estime Grégoire Leclercq, président de la Fédération des auto-entrepreneurs. "Les auto-entrepreneurs ont d'ailleurs souvent l'impression d'apprendre des choses qui sont très éloignées de leur quotidien, et donc de perdre du temps." Une quarantaine de métiers sont concernés par ces modalités, parmi lesquels les petits travaux dans le bâtiment, les métiers de l'alimentation, le secrétariat à domicile ou encore le transport.

Un oubli peut coûter 4.500 euros. Autre problème, les auto-entrepreneurs qui se sont lancés avant la fin 2014 ont jusqu'au 19 décembre pour se signaler à la Chambre des métiers ou à la Chambre de commerce. A défaut, ils seront passibles d'une amende de 4.500 euros. Mais, selon la Fédération des auto-entrepreneurs, seul un tiers d'entre eux a déjà accompli cette démarche, certains la considérant comme de la "paperasse" en plus.

Améliorer les facilités déclaratives. Ces problèmes sont remontés aux oreilles du gouvernement et pourraient être traités dans le futur projet de loi #noé (Macron 2) porté par Emmanuel Macron, qui sera présenté au Conseil des ministres en janvier prochain. Mardi, face aux artisans inquiets, le ministre de l'Economie a indiqué qu'il améliorerait les facilités déclaratives offertes aux auto-entrepreneurs.