Les raisons de la grogne des producteurs de lait

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Les raisons de la grogne des producteurs de lait
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La grève des producteurs de lait dans l'Union européenne s'explique par la chute des prix et les réponses des pouvoirs publics jugées insuffisantes.

Des prix en chute : c'est le premier motif de mécontentement des producteurs de lait. Après une flambée des cours en 2007-2008, les prix ont en effet enregistré une chute de plus 50% dans certains pays de l'UE, passant en moyenne européenne de 35,5 à 24,7 centimes/litre. Même si la Commission européenne estime que la tendance est à la reprise, la Confédération des producteurs laitiers européens (EMB) fait valoir que les coûts de production avoisinent les 40 centimes le litre et ne sont donc toujours pas couverts.

Les producteurs laitiers s'interrogent aussi sur la transparence de la filière. Comment se fait-il que la chute des cours n'ait pas été répercutée à l'identique sur les prix à la consommation ? De fait, la baisse marquée des cours du lait et de ses produits dérivés entre fin 2007 et la mi-2009 n'a entraîné sur la même période qu'une baisse d'environ 2% de leur prix à la consommation.

Par ailleurs, les producteurs ont une dent contre les quotas laitiers imposés par Bruxelles. Ils estiment qu'il faudrait réduire les possibilités de production. Or, les gouvernements européens se sont entendus pour augmenter les plafonds de production de 1% chaque année jusqu'en 2013.

Enfin, n'arrangeant rien, la crise surgit dans une Europe divisée sur le sujet. Les adeptes du libéralisme - Danois ou Néerlandais aux exploitations hypermodernes, notamment – font face à des pays comme la France ou l'Allemagne, partisans de subventions importantes.

La Commission a proposé de faciliter des aides à la reconversion pour les producteurs, elle a augmenté le plafond des aides publiques autorisées, et accepte que les prix soient fixés au niveau national entre producteurs et industriels. Mais les grands pays agricoles comme la France, ou la fédération EMB, jugent ces mesures insuffisantes.

> Un "lac de lait" devant la Commission européenne