Les pro et les anti-bio repartent à l’offensive

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Les pro et les anti-bio repartent à l’offensive
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La polémique a été relancée fin juillet par une étude britannique qui minimisait les avantages nutritionnels des aliments biologiques.

"La nourriture biologique n’est pas meilleure d’un point de vue nutritionnel que celle produite de façon conventionnelle" : cette étude, réalisée par des chercheurs de l'Ecole d'hygiène et de médecine tropicale de Londres, a relancé fin juillet la bataille entre les partisans de l'agriculture bio et ceux qui restent sceptiques. Depuis, chacun affute ses arguments avec, en arrière-plan, l’avenir d’une filière en plein développement.

Sur le fond, cette nouvelle étude va à contre-courant de précédents travaux. Des chercheurs de l'université de Californie avaient montré en mars 2007 que la valeur nutritionnelle de kiwis issus de l'agriculture bio était supérieure à ceux de l'agriculture conventionnelle, les premiers contenant plus de polyphénol, censé lutter contre le cholestérol, et d'antioxydants, qui combat le vieillissement des cellules, que les seconds.

Sur la méthode, le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures, qui lutte contre le recours aux pesticides, estime que l'étude britannique est "tronquée" car elle fait la synthèse de 55 études seulement, alors que les scientifiques en avaient retenu 162 dans un premier temps.

A propos de la date de publication de cette étude, Michel de Lorgeril, chercheur au CNRS, n’a pas hésité à s’interroger, dans une tribune publiée dans Le Monde en fin de semaine dernière : "Y aurait-il quelque part et à l'approche des grandes négociations sur l'avenir de l'agriculture européenne une stratégie visant à décrédibiliser une agriculture qui ne soit pas industrielle et productiviste, exportatrice (plutôt que locale), prédatrice des ressources naturelles et dévastatrice pour l'environnement ?"