Les patrons broient du noir

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Les patrons broient du noir
Jean-François Roubaud, président de la confédération générale des PME, s’inquiète du pessimisme des patrons.@ MAXPPP
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Selon une étude, les chefs d’entreprise n’ont plus foi en l’avenir. Et ils n’embauchent donc plus.

En ces temps de crise, les patrons ont le moral en berne. Selon une étude OpinionwWay pour la banque Palatine, près de trois chefs d’entreprise ont une vision pessimiste de l’avenir pour les six mois à venir. Et près d’un sur deux n’envisage pas de sortie de crise avant 2013. Et alors que les chiffres du chômage pour le mois d’août seront connus lundi soir, l’information n’incite pas à l’optimisme sur le front de l’emploi.

Le cas d’Antonio da Silva est emblématique. L’homme dirige une entreprise de chaudronnerie de trente personnes près de Lille. Il n’est pas particulièrement inquiet pour son activité, ses carnets de commandes sont pleins pour les semaines à venir. Il aurait même besoin de bras supplémentaires. Mais le spectre de la crise de 2008, quand l’activité s’était arrêtée d’un coup, demeure. Alors aujourd’hui, il ne veut prendre aucun risque. "Si on embauche, demain on ne sait pas si on va pouvoir garder nos salariés", explique le chef d’entreprise, interrogé sur Europe 1. "On n’ose pas investir. On n’ose pas embaucher en CDI. Aujourd’hui, on n’a pas confiance dans l’avenir. On fait le dos rond."

"Il ne faut pas que cette inquiétude perdure"

L’impression était la même il y a 10 jours lors d’une réunion de la confédération générale des PME (CGPME), rassemblant une centaine d’entrepreneurs. "Aujourd’hui, nos chefs d’entreprise sont inquiets, ils ont besoin d’être rassurés", avait prévenu Jean-François Roubaud, président du syndicat patronal. "C’est pour ça que je dis aux banques : ‘donnez-nous de la transparence’. Et au gouvernement : ‘assurez-vous que, si vous avez aidé les banques, vous obligerez les banques à maintenir le financement pour nos PME’."

Et Jean-François Roubaud de tirer la sonnette d’alarme. "Il ne faut pas que cette inquiétude perdure. Parce que l’attentisme qui, peut-être commence à poindre, risque de se vérifier par un arrêt des embauches et un arrêt des investissements assez rapides."