Les impôts locaux s'envolent en 2009

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Les impôts locaux s'envolent en 2009
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Les départements (+ 6,2%) et les 40 plus grandes villes françaises (+ 5,1%) ont été particulièrement touchés par cette hausse.

Les impôts locaux ont augmenté en moyenne de 3,6% en 2009, toutes taxes et toutes collectivités locales comprises – région, département, commune –, révèle mardi une étude de la banque Dexia. La hausse concerne en particulier ces deux dernières collectivités.

Les 40 plus grandes villes ont ainsi augmenté de 5,1% leurs taux d'imposition par rapport à 2008. Parmi les plus fortes hausses, la taxe d'habitation grimpe de 17,7% à Nice, de 12,3% à Argenteuil (Val d'Oise), et de 11,7% à Paris. Dans le même temps, la taxe sur le foncier bâti bondit de 47% à Paris, de 16,5% à Nice et de 14,3% à Nantes.

"Les élections municipales ont eu lieu en 2008, donc nous sommes en début de mandat. Il y a eu un rattrapage par rapport à des hausses qui n'ont pas été votées à la fin du mandat précédent par crainte d'augmenter la fiscalité avant les élections", explique Olivier Régis, délégué général du Forum, qui rassemble 240 collectivités de droite comme de gauche.

A l’échelle des départements, la hausse a été de 6,2%, selon une autre enquête publiée en avril par le Forum pour la gestion des collectivités territoriales. Les plus fortes hausses ont été relevées dans les Hautes-Alpes (+30%), le Nord (+17,6%), le Cher (+16,9%). Les régions, qui ont un rôle marginal dans la fiscalité locale, n’ont augmenté leur taux d'imposition que de 0,7%.

La progression des taxes s'explique par "une hausse des dépenses des conseils généraux, et une baisse des recettes", explique Olivier Régis. "La moitié des budgets des départements c'est l'aide sociale, or on fait face à une hausse de la demande pour le RSA et le RMI", affirme-t-il. Les dépenses sociales devraient augmenter de 6,4% (24,3 milliards) en 2009 en raison de la montée du chômage, selon la banque Dexia.

Communes, départements et régions étant majoritairement aux mains de la gauche, la droite a fait de cette hausse des impôts locaux un argument de campagne à six mois des élections régionales. L'UMP a ainsi mis en garde contre la gestion des municipalités de gauche, dénonçant leurs "incohérences" et leurs "dérives".

"Il y a une hausse globale, a rétorqué Michel Sapin, secrétaire national du PS à l'économie. Dire que la gauche fait plus payer que la droite relève de la polémique stérile."