Les fabricants de croquettes animales à l'amende

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Les fabricants de croquettes animales à l'amende
Les croquettes pour animal peuvent devenir de l'or noir, surtout si les fabricants s'entendent pour restreindre la concurrence.@ REUTERS
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Le secteur de la croquette animale a été condamné pour restriction de concurrence. Décryptage.

35,3 millions. L’amende infligée mardi par l’Autorité de la concurrence aux trois leaders du secteur de la croquette pour chiens et chats est sévère mais à la hauteur du préjudice subi par les consommateurs.

Pendant au moins quatre années, entre 2004 et 2008, les fabricants de Royal Canin, Purina ou encore Hill’s Pet Nutrition se sont entendus pour restreindre la concurrence dans la distribution spécialisée... au détriment du consommateur. Dans le détail, ils auraient mis en place des pratiques tendant à limiter la concurrence au niveau des grossistes qui revendaient leurs aliments "secs" (croquettes, biscuits) pour chiens et chats, explique l'Autorité de la concurrence. Ces grossistes vendaient à leur tour ces aliments à des distributeurs spécialisés, autrement dit à des animaleries, jardineries, magasins de bricolage, libre-services agricoles, éleveurs et vétérinaires, générant des surcoûts pour le consommateur final.

70% du marché de la croquettes concerné

Ces pratiques ont été d'autant plus pénalisantes pour les acheteurs finaux, que les trois fabricants en cause représentaient à l'époque des faits 70% des ventes de croquettes pour chiens et chats dans la distribution spécialisée. Et l'information est tout sauf anecdotique lorsqu'on sait que la France compte 8 millions de chiens et 10 millions de chats, ce qui représente un très lucratif marché.

Condamné, le "gang de la croquette" rejoint une longue liste d'entreprises épinglées pour ne pas avoir joué le jeu normal de la concurrence. Mais dans des circonstances très différentes.

Pas plus tard que la semaine dernière, l'Autorité française de la concurrence bousculait le secteur de la farine, dans une affaire cette fois d'entente sur les prix. Bilan : 242,4 millions d'euros pour des meuniers français et allemands, reconnus coupables de s’être entendu pour fixer ensemble les tarifs et de s’être chacun réservé un territoire sur lequel l’autre n’avait pas le droit de conquérir des parts de marché.

D'autres affaires d'entente sur les prix

D’autres secteurs ont également été épinglés au cours des derniers mois pour ne pas avoir joué le strict jeu de la concurrence. Début mars, ce sont les producteurs d’endives du Nord-Pas de Calais, de Picardie et de Bretagne qui ont écopé de 3,6 millions d’euros d’amende, toujours pour entente sur les prix. Moins de trois mois plus tôt, les trois des principaux vendeurs de lessive cumulaient 361 millions d’euros d’amende.

Les ententes entre poids lourds d’un secteur ne sont donc pas si rares et concernent tous les domaines : de la fabrication d’ascenseurs (condamnation en 2007) à celle de verre, tant pour le bâtiment que pour le secteur automobile (2007 et 2008), en passant par les sociétés d’intérim (2009) et les producteur d’acier (2010).

Dernier exemple, le secteur de la téléphonie. Condamnés à plusieurs reprises, les opérateurs n’ont pourtant pas rectifié le tir, les bénéfices étant probablement supérieurs aux amendes infligées. Les autorités de régulation n’arrivant pas à changer la donne, c’est finalement un autre acteur qui a forcé Orange, SFR et Bouygues à revoir leurs tarifs à la baisse : un certain Free Mobile.