Les ex-salariés d'Ardennes Forge disent leur écœurement à Emmanuel Macron

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Les ex-salariés d'Ardennes Forge disent leur écœurement à Emmanuel Macron
Les 47 ex-salariés de la société Ardennes Forge de Nouzonville ont écrit mardi au président Macron.@ FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
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D'ex-salariés d'Ardennes Forge doivent rembourser 560.900 euros de dommages-intérêts alloués en 2010 par le conseil des Prud'hommes après leur licenciement. 

Écœurés d'être renvoyés à leur "misère d'ouvriers métallurgiste ardennais", les 47 ex-salariés de la société Ardennes Forge de Nouzonville ont écrit mardi au président Macron pour que "demain, plus aucun salarié ne puisse se retrouver dans la monstrueuse situation" qu'ils vivent.

Plus de 560.000 euros à rembourser. Ces ex-salariés d'Ardennes Forge, qui avait repris des activités de l'équipementier automobile Thomé-Génot avant d'être liquidée en 2008, doivent rembourser une partie des 900.000 euros de dommages-intérêts alloués en 2010 par le conseil des Prud'hommes après leur licenciement. La plupart n'ont pas retrouvé d'emploi stable. Le 13 juillet, la Cour de cassation avait rejeté leur pourvoi, confirmant une décision de la cour d'appel ordonnant la restitution à la caisse patronale AGS (régime de garantie des salaires) de sommes pouvant atteindre jusqu'à 20.000 euros par salarié. Le montant total des remboursements s'élève à 560.900 euros.

"Victimes d'un système". Les indemnités avaient été calculées sur la base de l'existence de "travail dissimulé" par l'employeur, qui avait été condamné à ce titre au pénal. La cour d'appel avait revu à la baisse les dommages, sur la seule base de "licenciements abusifs". "Nous sommes les victimes d'un système (…) qui, dans le cas présent, permet paradoxalement de déclarer très lourdement coupables des individus reconnus par ailleurs victimes par deux fois et notamment au pénal", écrivent, au nom des 47 concernés, les responsables de l'Association des indignés d'Ardennes Forge, Rémy Petitjean et Denis Coune. "Notre histoire très douloureuse ne pourrait-elle pas faire en sorte que demain plus aucun salarié français ne puisse se retrouver dans cette monstrueuse situation ?", se demande l'association.

"Plus jamais ça". La mort dans l'âme, la majorité des "indignés d'Ardennes Forge" avait consenti fin juillet à soumettre chacun un dossier à l'AGS sur leur situation personnelle dans l'espoir qu'elle soit prise en compte dans le règlement définitif du contentieux. Cet examen au cas par cas, "on n'en voulait pas, car on considère qu'on n'a pas à rembourser" mais la crainte de saisies par huissier l'a emporté. "Notre lettre, c'est plus un message - 'plus jamais ça' - qu'une revendication", explique Denis Coune.