Les "drive" des supermarchés bientôt régulés

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Les "drive" des supermarchés bientôt régulés
Sur les six premiers mois de l'année, les enseignes de distribution ont ouvert 300 nouveaux "drive".
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Un projet de loi visant à encadrer les "drive" de la grande distribution doit être débattu à l'Assemblée début septembre.

L'info. Les "drive", ce service des hypermarchés qui permet aux clients de commander leurs produits en ligne et de venir les retirer en magasin, seront bientôt encadrés. Le texte, qui devait initialement être intégré au projet de loi de Sylvia Pinel sur l'artisanat, a finalement été avancé et devrait être présenté dès le 10 septembre devant les parlementaires, dans le cadre de la loi Duflot sur le logement et l'urbanisme. Mais pourquoi vouloir revoir les règles d'un secteur en plein essor ?

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Le problème. Si le gouvernement s'intéresse autant à cette question, c'est que les "drives" connaissent un développement fulgurant en France. Sur les six premiers mois de l'année, 300 d'entre eux ont ainsi ouvert leurs portes, portant à 2.280 le nombre de ces points de retrait existants sur le territoire. Un développement qui doit autant à leur succès commercial -les 81 "drive" de Leclerc lui rapportent déjà 5 % de son chiffre d'affaires- qu'à la simplicité des démarches pour les ouvrir : alors que, pour construire un hypermarché, il faut obtenir une autorisation de surface commerciale, un "drive" ne nécessite qu'un simple permis de construire, ce qui limite les possibilités qu'ont les maires de contrôler leur développement.

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Un enjeu financier. Pour le gouvernement, l'enjeu est également financier. Les grands magasins sont en effet soumis à une taxe spécifique, la Taxe sur les surfaces commerciales (Tascom). Or les "drive" y échappent à l'heure actuelle. La nouvelle procédure permettrait de les soumettre également à cette Tascom.

La distribution vent debout. De leur côté, les groupes de distribution sont vent debout contre cette mesure. Arnaud Mulliez, président d'Auchan, expliquait début juillet dans les colonnes des Echos que tomber à bras raccourcis sur les "drive" risquait d'entraîner une concurrence déloyale de la part des enseignes de e-commerce. Surtout, Arnaud Mulliez craint que la mesure du gouvernement ne vienne pénaliser l'emploi.