Les data centers, chauffages de l'avenir ?

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Les data centers, chauffages de l'avenir ?
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Marne-la-Vallée teste ce système, qui intéresse les entreprises high-tech à l'échelle mondiale.

Cet hiver, les employés de certaines entreprises de Marne-la-Vallée seront chauffés... par ordinateurs. Ou plus exactement, par data centers, ces sites qui hébergent de nombreux serveurs informatiques servant à stocker et calculer des données.

Ces centres de données se développent de manière exponentielle. Certains, comme ceux des géants Google ou Amazon, font la taille de plusieurs terrains de football. Ils représentent, selon Greenpeace, 1,5 à 2% de la consommation d'énergie mondiale, avec une croissance de 12% par an. Et émettent continuellement de la chaleur. Au point que des systèmes de refroidissement, eux-mêmes consommateurs d'énergie et générateurs de chaleur, sont indispensables.

Des mini data centers dans les immeubles

C'est pourquoi Dalkia, filiale de Veolia et EDF, a décidé de se servir de cette chaleur à des fins utiles, en la recyclant pour chauffer des bureaux. L'expérience doit être lancée cet hiver à Marne-la-Vallée, où le data center d'une banque servira à alimenter en chauffage et en eau chaude 600.000 m2 de bâtiments à terme. Soit 5.400 tonnes d'émission de CO2 économisées chaque année.

Actuellement, des canalisations souterraines sont mises en place pour relier le centre de données aux bâtiments qui bénéficieront de sa chaleur. Côté prix, le kW/h reviendra pour le consommateur à 8 centimes, soit moins que le chauffage électrique, mais plus que le chauffage au gaz. Ce que Dalkia explique par le lourd investissement initial. D'autres data centers devraient bientôt s'associer au programme sur ce parc d'activités.

Il n'y a pas qu'en France que cette idée travaille les ingénieurs. Cet été, les chercheurs de Microsoft et de l'université de Virginie ont publié une étude prônant l'utilisation de ce type de chauffage. Selon eux, il faudrait diviser les immenses data centers et en placer de petites parties dans les immeubles de bureaux ou d'habitations. Cela permettrait aux firmes high-tech de ne plus avoir à installer de coûteux systèmes de refroidissement. Une économie potentielle de 280 à 324 dollars par serveur et par an.

Plusieurs obstacles

Autre avantage pour ce type d'entreprises : elles pourront se développer considérablement sans trop accroître leur empreinte carbone. Un argument de taille dans un monde où le comportement environnemental des entreprises est de plus en plus scruté, notamment aux Etats-Unis. Enfin, l'affaire pourrait s'annoncer très juteuse en faisant payer aux consommateurs cette source de chauffage. Ces derniers auraient par ailleurs un accès plus rapide aux données informatiques...

Néanmoins, il ne s'agit pas encore de la solution miracle. Plusieurs questions subsistent. Qui va assurer la maintenance de ces milliers de mini data centers dispersés ? Que fait-on de la chaleur produite en été ? Et surtout, quid des données personnelles contenues sur ces serveurs ?