Les Bourses s'inquiètent pour la France

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Les Bourses s'inquiètent pour la France
Les places boursières européennes s'inquiètent de l'incertitude entourant les élections en France.@ MAXPPP
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Les incertitudes liées à la présidentielle ont fait chuter les cours des places européennes.

Les incertitudes politiques en France après le premier tour de l'élection présidentielle ainsi que la publication de mauvais indicateurs économiques ont plombé lundi les Bourses européennes qui ont terminé en forte baisse.

Francfort et Milan ont dégringolé de plus de 3% (respectivement 3,36% et 3,83%) tandis que Paris a lâché 2,83% et Londres 1,85% à la clôture de la séance. Dès l'ouverture des marchés, la baisse a été générale sur ces places, mais au fil de la journée, elle s'est largement creusée.

"Les résultats" accueillis négativement"

"Les marchés se demandent comment la politique va continuer d'agir" contre la crise de la dette en zone euro, a déclaré l'analyste financier Ralf Grönemeyer de Silvia Quandt. "Le sentiment" qu'il est risqué d'investir sur les marchés actions "se rapproche de son plus haut niveau de l'année" a-t-il ajouté, ce qui se traduit par une fuite des investisseurs hors de ces marchés.

"L'incertitude politique et un indice PMI européen (qui mesure l'activité du secteur privé dans la zone euro)  encore décevant ont fait caler les marchés européens aujourd'hui, les investisseurs cherchant une porte de sortie alors que l'incertitude - confinée jusqu'alors aux économies du sud de l'Europe - commence à s'étendre aux Pays-Bas et à la France", a commenté Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK.

Pour la présidentielle française, "les résultats sont accueillis négativement par les marchés financiers qui y voient l'illustration de la perte de soutien pour les mesures d'austérité" décidées pour contrer la crise de la dette, a expliqué Dick Green, stratège pour le site d'analyse financière Briefing.com.

Les Pays-Bas dans le viseur

Les Pays-Bas sont aussi dans le viseur des Bourses européennes. Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a présenté la démission de son gouvernement de centre-droit, au pouvoir depuis octobre 2010, victime de dissensions avec son allié au parlement sur les mesures à prendre pour réduire le déficit public.

La tension se faisait également sentir sur le marché obligataire. Les taux à 10 ans de l'obligation allemande (Bund) sont tombés à 1,634% en milieu d'après-midi, soit leur plus bas niveau depuis la création de l'euro en 1999. Vendredi soir, ce taux avait terminé à 1,707%.