Les Bourses dégringolent

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Les Bourses dégringolent
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Wall Street a creusé ses pertes jeudi soir dans le sillage des Bourses européennes.

Les Bourses européennes ont toutes terminé dans le rouge jeudi. A Paris, le CAC 40 a cédé 2,20% à 3.556,11 points. Bien orienté dans la matinée, le marché parisien a connu un retournement en milieu de séance, sur fond de craintes sur les dettes publiques en zone euro. Une baisse que les spéculateurs expliquent aussi par la déception du discours du président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, qui n'a pas rassuré sur la situation des pays les plus fragiles de la zone euro, et notamment la Grèce. Depuis le début de l'année, le CAC 40 a perdu 9,66%.

La France doit adopter jeudi soir son plan d'aide à la Grèce. Par un vote au Sénat, trois jours après celui de l'Assemblée, le Parlement devrait définitivement approuver un programme de prêts bilatéraux à la Grèce de 16,8 milliards d'euros sur trois ans, dont 3,9 dès 2010, à un taux de 5%.

Milan, Madrid et Londres en baisse

La chute la plus importante a été enregistrée en Italie. La Bourse de Milan a clôturé jeudi sur une chute de 4,26% après avoir regagné un peu de terrain dans les dernières minutes, notamment sous l'effet de rumeurs d'une dégradation de la notation de la dette italienne. A la Bourse de Madrid, l'indice vedette Ibex-35 a clôturé en baisse de 2,93%, sur fonds d'inquiétude des investisseurs pour la solvabilité de plusieurs pays de la zone euro, dont l'Espagne.

En Allemagne, l'indice Dax a terminé en baisse de 0,88% à 5.906 points, un recul moins marqué que sur la plupart des autres places européennes. Et la Bourse de Londres a terminé en nette baisse : l'indice Footsie-100 a perdu 80,94 points, soit 1,52% par rapport à la clôture de mercredi.

L'euro poursuit sa chute

L'euro a plongé sous 1,26 dollar jeudi pour la première fois depuis mars 2009, les craintes du marché des changes vis-à-vis des difficultés budgétaires de la zone euro s'intensifiant brusquement. La monnaie européenne, qui valait encore 1,33 dollar vendredi dernier, a cassé ce nouveau seuil symbolique vers 18h45 GMT, touchant 1,2523 dollar, son plus bas niveau depuis le 5 mars 2009.

La "panique" aux USA

Dans le sillon des Bourses européennes, Wall Street aux Etats-Unis a continué également de creuser ses pertes jeudi. Les traders ont assisté à une dégringolade historique un peu plus d'une heure avant la fermeture de la Bourse de New York. Le Dow Jones a ainsi dévissé de près de 1.000 points, à plus de 9% : la plus forte chute en séance de son histoire. L'indice Dow Jones a finalement abandonné 3,27% et le Nasdaq -3,43%.

"C'est une panique boursière", a constaté Gregori Volokhine, de Meeschaert New York, avant la fin de la journée. "Tout se résume à la peur de la contagion de la situation grecque, avant le vote de demain en Allemagne" pour ratifier l'aide internationale accordée par l'Union européenne et le Fonds monétaire international, a indiqué Peter Cardillo, d'Avalon Partners.

Mais après la clôture, les spéculations allaient bon train sur le fait qu'une erreur humaine aurait exacerbé sa dégringolade. C'est en tout cas ce que croient savoir les chaînes de télévision américaines CNBC et Fox Business News.

Les taux toujours en progression

Les taux des emprunts, eux, continuaient de fortement se tendre jeudi après-midi. En Grèce, les rendements à 10 ans grimpaient à 10,932%, contre 10,025% mercredi soir. Ils avaient atteint la semaine dernière leur niveau le plus haut depuis l'entrée de la Grèce dans la zone euro, à 11,142%. Les taux grecs à deux ans continuaient de s'envoler à 15,901%, contre 14,420% la veille.

Les taux du Portugal, de l'Irlande, de l'Italie et de l'Espagne se tendaient également, bien que dans une moindre mesure que la Grèce, en raison des craintes de contagion de la crise grecque aux pays considérés comme les moins solvables de la zone euro.