Les agriculteurs privés de 210 millions ?

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Les agriculteurs privés de 210 millions ?
Selon les informations d'Europe1, les agriculteurs pourraient se voir priver de 210 millions d'euros, qui leurs étaient pourtant destinés, au profit de la réduction du déficit.@ MAXPPP
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INFO E1 - Pour renflouer le déficit, l'exécutif envisage d'utiliser les recettes de la taxe soda.

On le sait déjà : le ministère de l'Agriculture sera le plus grand perdant du budget 2013, présenté vendredi en Conseil des ministres. Les services de Stéphane Le Foll voient leur crédit diminuer de 7,3% sur un an. Mais ce que l'on ignorait, c'est le tour de passe-passe que s'apprête à mettre en œuvre le cabinet du ministre pour renflouer les caisses de l’État, au risque de priver les agriculteurs d'un allégement précieux du coût du travail. Selon les informations d'Europe1, ils seront privés de 210 millions d'euros, qui leurs étaient pourtant destinés, au profit de la réduction du déficit.

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"Cela m'aurait permis de garder le cap"

Rappel des faits. Lors du quinquennat précédent, le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire fait adopter une baisse des charges sur les salaires agricoles, l'équivalent d'un euro sur chaque heure.  C'était sa mesure phare pour lutter contre la concurrence européenne. Elle entre même en vigueur le 1er janvier 2012. Le hic : les agriculteurs n'en ont jamais bénéficiée.

"La mesure a été votée et budgétée. Mains on n'en a pas vu la couleur, on n'a rien touché. En tout, cela m'a fait un manque à gagner de 34 000 euros. Cela aurait largement permis à mon entreprise de tenir le cap dans cette période difficile", témoigne au micro d'Europe1 Angélique, cultivatrice de légumes en Touraine.

"Renflouer le budget sur le dos des agriculteurs"

Pourtant, l'argent destiné à financer le dispositif a déjà été prélevé aux Français : pas moins de 210 millions d'euros, en grande majorité issus des recettes de la taxe soda. Une manne qui ne devrait jamais arriver sur les comptes des agriculteurs. L'argument du gouvernement : le dispositif aurait été retoqué par l'Unions européenne, car anticoncurrentiel. Un argument que balaie le député UMP Bernard Reynes, à l'origine de la mesure.

"Nous avions pris toutes nos précautions. Nous avions pris soin de rencontrer la Commission européenne, qui nous a assuré que la mesure était compatible", affirme le député, qui craint que le gouvernement ne change pas d'avis de si tôt. "J'ai peur que cet argent ne serve à renflouer le budget sur le dos des agriculteurs.

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