Lejaby : une "honte", un "gâchis total"

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Lejaby : une "honte", un "gâchis total"
Seuls 195 des 450 salariés de Lejaby conserveront leur emploi@ Maxppp
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Bientôt licenciés, les employés d'Yssingeaux ont exprimé leur tristesse et leur colère.

"Salauds !", "fils de p… !" A l'annonce de la sentence mercredi, les cris se mêlent aux larmes, à l'usine d'Yssingeaux, en Haute-Loire. Le tribunal de commerce de Lyon a tranché : Alain Prost et ses associés reprendront l'entreprise. Seuls 195 des 450 salariés seront conservés. Et le site d'Yssingeaux sera, quant à lui, purement et simplement fermé. Ses 93 employés – dont 90 femmes – perdront leur emploi.

"C'était une deuxième famille"

"On est vraiment déçues. On ne pensait pas. On a tout fait. On s’est battues toutes ensemble. On s’est serrées les coudes. On n’arrive à rien à la fin. On nous jette comme des merdes", sanglote Marie-Claude, au micro d'Europe 1.  "On est toutes au même point. On n'aura plus de boulot. On s’aidait beaucoup. On a tout perdu, tout. C’était une deuxième famille. On savait pourquoi on se levait le matin. Et là, maintenant c’est fini. C’est terminé".

Colère, tristesse, désarroi… Les salariés bientôt licenciés sont passés par toutes les émotions. "On n'a que nos yeux pour pleurer, c'est tout ce qu'on a maintenant. Et on va faire quoi ? On va travailler dans quoi ?", enrage une salariée. "C'est dégueulasse !", s'indigne sa voisine, tandis qu'une autre tente désespérément de lancer une dernière action : "Il faut les empêcher d'emmener les machines !".

500.000 euros

Alain Prost, ancien PDG de La Perla et ancien directeur général de Chantelle, a promis d'octroyer 500.000 euros pour accompagner les salariés du site. "Ridicule", selon Bernadette Pessemesse, déléguée CGT. "Avec 500.000 euros, comment voulez-vous que l'on replace les gens ? C'est une population d'une moyenne d'âge de 52 ans,  comment voulez-vous qu'on replace des salariés sur le bassin d'Yssingeaux ? C'est un bassin sinistré !"

Le ministre du Travail Xavier Bertrand a quant à lui assuré que 98% de leur rémunération serait maintenue pendant un an, dans le cadre d'un "contrat de sécurisation professionnelle". Ce qui fait "doucement rigoler" Jacqueline, de l'usine d'Yssingeaux, interrogée par Europe 1. "Qu'est-ce que vous voulez que ça fasse, 98% ? Après on fait quoi ? L'avenir, je ne le vois pas résolu comme ça."

Pour elle, cette reprise est "un gâchis total pour nous, pour notre ville, pour notre pays. Une honte parce que les pouvoirs publics auraient pu nous aider à conserver des emplois. Ils n'ont pas fait ce qu'il fallait."