Lehman Brothers : 10 ans après la crise des subprimes, "le risque a changé", estime Alexis Garatti

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Alexis Garatti, directeur des études économiques d'une société de d'assurance-crédit, a fait un point sur la santé de la finance mondiale au micro de Matthieu Noël, vendredi, dix ans après la faillite de Lehman Brothers.

INTERVIEW

"Les fondamentaux du système économique sont beaucoup plus sains". Invité de Matthieu Noël vendredi matin sur Europe 1, Alexis Garatti, directeur des études économiques chez Euler Hermes, une société d'assurance-crédit française, se veut rassurant : 10 ans après la faillite de la banque Lehman Brothers et la crise des subprimes qui a mis à plat "le système financier mondial", ce dernier a renforcé ses bases, mais "la nature du risque a changé". 

Une crise "impossible à prévoir". Les banques ont-elles tiré les leçons de la crise de 2008 ? "Oui", affirme Alexis Garatti au micro d'Europe 1. "Cela peut se voir au niveau de leurs politiques de liquidité, de capitalisation et aussi sur la supervision des acteurs bancaires. Mais par définition, un tel type de crise est impossible à prévoir", tempère le spécialiste. "Il y a plus de vigilance, notamment au niveau du comportement des traders [...]. Tout est beaucoup mieux contrôlé", résume-t-il. 

De nouveaux risques. Le risque d'une nouvelle crise économique ne viendrait donc plus des banques... mais le risque existe toujours. "Je suggère que la nature du risque a changé", avance Alexis Garatti. "On peut observer à l'heure actuelle une certaine euphorie au niveau des marchés financiers et ça peut être dangereux parce qu'on observe au niveau global une accumulation des risques, notamment politiques, qui sont liés avant tout à la politique protectionniste développée par les Etats-Unis", détaille-t-il.

>> De 5h à 7h, c’est "Debout les copains" avec Matthieu Noël sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Les pays émergents sous haute surveillance. La politique menée par Donald Trump peut donc peser sur les marchés financiers et sur le déclenchement d'une nouvelle crise économique, à en croire le spécialiste. Mais les Etats-Unis ne sont pas le seul pays à être sous haute surveillance : "On regarde plus particulièrement la situation des pays émergents qui se caractérisent par des déséquilibres importants et on ne pardonne aucune erreur de politique économique, car la moindre faute, comme celle vue en Turquie, se paye par une dépréciation très forte de votre monnaie", conclut-il.