"L’économie collaborative, c’est tout sauf l’ubérisation"

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Le député PS Pascal Terrasse veut développer l'économie collaborative, en l'encadrant et en taxant les revenus des professionnels.

INTERVIEW -

Pascal Terrasse estime que les revenus issus de l’économie collaborative doivent être déclarés aux impôts, mais qu’il faut les distinguer les professionnels et les particuliers. "Il faut que nous fassions la part des choses", a expliqué lundi dans la Matinale d’Europe 1 le député PS, qui doit remettre en fin de journée un rapport sur l’économie collaborative au Premier ministre Manuel Valls. "Ce n’est pas parce qu’on touche de l’argent qu’on va être fiscalisé", a-t-il tempéré. L’élu veut que les revenus d’utilisateurs de plateformes de covoiturage ou de location de maisons, par exemple, soit déclarés par les plateformes elles-mêmes. Ensuite, le niveau de revenus touchés et le type de bien loué ou échangé - voiture, résidence principale ou secondaire, etc. - devront permettre de décider d’une éventuelle imposition et de son montant.

Une "économie du partage". Le député, proche d’Emmanuel Macron et membre de l’aile droite et "pro-business" du PS, voit l’économie collaborative comme un moyen de "s’organiser dans une société sans être propriétaire de tout", notamment pour les jeunes. "Je considère que l’économie collaborative, c’est tout sauf l’ubérisation", déclare-t-il. Le terme d'"ubérisation", qui décrit le basculement de secteurs de l’économie traditionnelle dans le numérique et l’économie collaborative, est synonyme pour ses détracteurs de dérégulation et de protection sociale au rabais.

"L’économie collaborative est l’économie du partage de biens, de services", insiste Pascal Terrasse. "Elle est très protectrice de l’environnement. On peut louer une voiture à son voisin, on peut louer une perceuse à son voisin, c’est une économie de l’échange. Donc je ne la vois pas comme une économie dite d’Uber." L'élu a planché quatre mois sur ce rapport, qui contient 19 propositions et qui doit aider à défricher la loi Macron 2.

"Une guerre d'un autre âge". Pascal Terrasse, estime que le conflit entre VTC et taxis est "une guerre d'un autre âge" et que ces derniers doivent "laisser respirer la concurrence". "Il faut évidemment que les VTC puissent payer leur fiscalité comme les autres, avoir une formation comme les autres", reconnaît-il. "Mais on ne peut pas, au nom de certaines régulations, protéger des rentes qui ne sont plus, aujourd’hui, la réalité de la vie." L'apparition des VTC doit faire réfléchir les taxis, ajoute-t-il. "Les taxis seraient bien inspirés de dire 'Puisqu’il y a moins de contraintes du côté des VTC, ayons les mêmes contraintes'". Les taxis se sont largement mobilisés fin janvier contre la concurrence des VTC, qui ont à leur tour manifesté contre les "contrôles incessants" promis par le gouvernement contre les VTC "fraudeurs".