Leclerc : "Je ne crois pas à une sortie de crise"

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Leclerc : "Je ne crois pas à une sortie de crise"
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VIDEO EUROPE 1 - Le patron des centres Leclerc assure que la bagarre pour le pouvoir d'achat des Français est loin d'être finie.

A la tête de 500 magasins qui portent son nom, Michel-Edouard Leclerc se dit "pessimiste" face à l'optimisme ambiant sur la sortie de crise. "J'ai été épaté comme tous les Français en lisant les journaux cet été, parce que, après nous avoir dit qu'on allait vivre la crise après 29 la plus terrible du monde, (...) on nous dit qu'on est en sortie de crise. Moi je n'y crois pas. La crise financière a été colmatée, le gouvernement français a bien joué avec les banques, etc. Mais l'impact sur l'économie réelle est encore devant nous", analyse-t-il.

"Je me mets en attitude de combat", déclare Michel-Edouard Leclerc, qui reconnaît que, jusqu'ici, la crise a profité à ses centres : +5% de croissance et 2.500 emplois créés l'an dernier. "Nous sommes incontestablement les magasins de la crise", reconnaît-il, prédisant que "les entreprises qui ne seront pas moins chères, qui ne chercheront pas à répondre à ces problèmes de pouvoir d'achat qui sont celui du commun des Français dégageront".

Aux accusations qui visent la distribution, Michel-Edouard Leclerc répond par sa marge : "1,8% net avant impôt l'an dernier. Même si on mettait toutes ses marges dans les prix, ça ne ferait pas la révolution", ironise-t-il. "Nous avons énormément dégradé nos marges" et "on va encore baisser les prix", promet-il.

Parmi ses priorités, continuer à être "le plus franchouillard des distributeurs français" et poursuivre le "combat nécessaire", selon lui, du bio. Il annonce d'ailleurs des baisses de prix dès la fin de l'année sur ces produits.

Enfin, interrogé sur les conséquences de la grippe A, Michel-Edouard Leclerc annonce que "peut-être on fermera les supermarchés". "Je ne sais pas si on nous la surjoue cette histoire de grippe" mais "nous avons un plan d'action", annonce le dirigeant. Des millions de masques sont commandés pour les salariés et les clients dont "60% à 70%" sont déjà livrés. Les personnels sont étroitement surveillés et la relation avec les pouvoirs public est très rapide, assure-t-il.