Leclerc, condamné mais pas inquiet

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Leclerc, condamné mais pas inquiet
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Condamné à verser 23 millions pour pratiques abusives, le groupe devrait conserver son magot.

23,3 millions d’euros pour avoir pratiqué des marges arrière indues au détriment de ses fournisseurs. C’est un montant jamais atteint dans ce type d’affaire que le groupe Leclerc a versé "la semaine dernière", à la suite de sa condamnation par la justice en novembre pour des sommes "perçues sans contrepartie commerciales".

Ce montant représente "des marges arrières indues" perçues dans les années 1999-2001. Les marges arrière sont des ristournes déguisées que les distributeurs demandent en échange d’une coopération commerciale, réelle ou non. Le plus souvent, il s’agit d’une mise en valeur d'un produit sur un rayon, d’une présence accrue dans un catalogue.

28 fournisseurs peu pressés

Leclerc a versé cette somme "la semaine dernière" au Trésor public qui sera chargé de la reverser aux 28 fournisseurs que la cour d'appel avait jugés lésés. Mais ces derniers ne vont pas tous profiter de cette manne, puisque beaucoup ne sont pas à l’origine du procès.

Mieux encore, la plupart ne vont pas réclamer un tel remboursement, afin de ne pas se brouiller avec l’un des poids lourd de la distribution. Les sommes non réclamées seront alors reversées à Leclerc.

Pendant le procès, Michel-Edouard Leclerc, président du groupe, avait d’ailleurs fait part d’une inquiétude toute relative, évoquant une affaire qui "médiatiquement fait du mal mais financièrement ne pèsera pas". "Sur les 28 fournisseurs, 17 représentant les plus importants ont déjà dit qu'il n'y avait pas lieu à restituer cet argent", avait-il alors souligné.

D’autres procédures en cours

Les poursuites engagées contre Leclerc s’inscrivent dans la vague de procès que l’Etat a lancé depuis l’automne 2009 à l’encontre de neuf des principaux groupes de la grande distribution. A chaque fois, des clauses présumées abusives dans les contrats passés avec leurs fournisseurs sont en causes.

Ces pratiques sont censées avoir disparu avec la loi de modernisation de l'économie (LME) à l'été 2008. Mais les rapports de force entre fournisseurs et grande distribution sont tels que les premiers hésitent souvent à poursuivre les seconds.