Le SOS des petites stations-service

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Le SOS des petites stations-service
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ENQUÊTE E1 - La baisse des prix de l’essence négociée par le gouvernement les a fragilisées.

Si les automobilistes ont passé un mois de septembre un peu plus doux en matière de prix des carburants, il y en a d’autres qui ont très mal vécu ces derniers jours. Les petites stations-service assurent en effet avoir été désertées à cause de plan du gouvernement pour réduire les prix. Les indépendants n’ayant pas pu réduire leurs marges, les automobilistes les auraient boudés.

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Le plan essence touche à sa fin

Le mois de septembre a été placé sous le signe du pouvoir d’achat des automobilistes. Suite à une nouvelle flambée des prix, le gouvernement a en effet négocié avec le secteur pétrolier une opération "baisse des prix".

L’Etat a renoncé à trois centimes de taxes par litre, tout comme les distributeurs, qui ont réduit leurs marges. Bilan, six centimes de réduction à la pompe pendant tout le mois de septembre, puis seulement trois centimes en octobre puisque les stations-essence peuvent désormais rehausser leurs marges.

Les petites stations essence désertées

Les stations indépendantes n’ont, elles, pas été obligées de réduire leurs marges pendant un mois. Mais le mois de septembre a quand même été difficile pour ces dernières car la clientèle est alors partie chez la concurrence qui avait rogné ses tarifs.

"C’est carrément dire à nos clients, on pourrait mettre une pancarte devant nos stations ‘Allez à la grande distribution, ne venez plus chez nous’, voilà ce que cela veut dire", s’insurge sur Europe 1 le représentant des stations indépendantes, Christian Roux. Et ce dernier de faire les comptes : "au mois de septembre, les exploitants indépendants ont perdu entre 20 et 30% de volume".

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"Ca va être la désertification"

"On pourra remercier monsieur Hollande, monsieur Moscovici et toute la clique", poursuit Christian Roux, qui estime que "la conséquence, c’est vraisemblablement la fermeture de 500 stations service".

"Les clients vont gagner trois à quatre euros par mois et, en contrecoup, d’autres gens qui ont peu d’argent, qui sont cinq cents minimum, vont mourir. Ils n’auront plus de travail. C’est-à-dire que pour aider des gens qui sont pauvres, on va tuer d’autres pauvres", ajoute-t-il.

Conséquence redoutée de cette mauvaise passe pour les pompistes indépendants, "ça va être la désertification". "Ce ne sont quand même pas les stations des grandes surfaces qui font le maillage géographique, ce sont les petits indépendants. Donc, à force d’en fermer, vous aurez des endroits sur le territoire où il n’y aura plus rien", redoute Christian Roux, avant d’ajouter, alarmiste : "cela commence déjà mais cela va s’accentuer". 

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