Le sacrifice des salariés de Fiat

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Le sacrifice des salariés de Fiat
@ REUTERS
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Un nouveau contrat, durcissant les conditions de travail, a été voté par les employés de Mirafiori.

Plus de flexibilité d’un côté, des promesses d’investissement de l’autre. Les salariés de l'usine Mirafiori de Fiat à Turin, site le plus ancien du constructeur automobile italien, ont approuvé à une légère majorité le nouveau contrat de travail proposé par la direction, durcissant sensiblement leurs conditions de travail. Le oui l’a emporté avec 54,05% des voix, selon le résultat définitif annoncé samedi matin à l'issue d'une nuit de dépouillement. 5.119 salariés sur les 5.431 de l'usine, soit 94,2%, ont participé au scrutin.

Moins de pauses et plus d’heures supplémentaires

Si les salariés ont accepté un tel marché, c’est que le patron de Fiat, Sergio Marchionne, avait menacé en cas de rejet de transférer aux Etats-Unis ou au Canada la production de Mirafiori, où sont actuellement assemblées des Punto. Avec ce nouvel accord, le constructeur s’engage au contraire investir plus d'un milliard d'euros dans cette usine pour y construire chaque année avec Chrysler, dont il détient 25%, 280.000 véhicules Jeep et Alfa Romeo.

L'accord, soutenu par la plupart des syndicats à l'exception de la Fiom, prévoit de faire tourner l'usine 24 heures sur 24 jusqu'à six jours par semaine, avec moins de pauses et le triplement du nombre maximum d'heures supplémentaires, portées à 120 heures par an. En outre, des sanctions sont prévues en cas d'absentéisme jugé anormal, avec notamment une réduction des indemnités versées en cas de congés maladies répétées, et les possibilités de grève seront limitées. Le nombre de pauses passe de quatre à trois pour une vacation de huit heures.

La péninsule divisée

L'accord prévoit aussi un contrat spécifique pour les ouvriers de Mirafiori qui ne dépendront donc plus de la convention collective de la métallurgie. Il est considéré comme un tournant sans précédent en Italie. En contrepartie, assurent les syndicats qui ont signé un accord le 23 décembre dernier, les salaires pourront augmenter de 3.700 euros bruts par an grâce au travail de nuit et aux heures supplémentaires.

Soutenu par le gouvernement, le patronat et une partie de la gauche, l'accord de Mirafiori a fortement divisé la péninsule. Signe de tension, des étoiles rouges, symbole des Brigades rouges, sont apparues ces derniers jours sur les murs de plusieurs villes du pays.