Le retour des gelées matinales, crainte des viticulteurs

  • A
  • A
Partagez sur :

Pour protéger ses vignes du froid, un viticulteur de la Marne a investi dans une éolienne qui permet de réchauffer l'air. 

C’est l’une des inquiétudes majeures pour les viticulteurs à cette époque. Alors que le thermomètre doit descendre en dessous de 0 ces jours-ci, les viticulteurs sont au chevet de leurs vignes. L’année dernière, en Touraine, les gelées nocturnes avaient détruit sur certaines parcelles 30% à 80% des vignobles. En Champagne, les exploitants ont mis leur réveil dans la nuit de mercredi à jeudi pour protéger les vignes du froid.

Un système de 'brassage d'air". C'est le cas de Franck Jobert, viticulteur installé au Breuil, un petit village de la Marne. Il y a 30 ans, il a investi 45.000 euros dans une éolienne implantée au milieu de son vignoble ! Et grâce à son système de brassage d’air, il protège deux de ses quatre hectares de vignes centenaires. "Le sol va emmagasiner la journée une certaine chaleur, mais la nuit va arriver on va perdre cette chaleur, elle va monter en altitude", explique le viticulteur qui passent ces nuits dans son camion depuis quatre jours pour surveiller les sondes dispersées dans le vignoble.

"On peut gagner 1,5 degré". "Le but, c'est de se servir du brasseur, un mat qui fait à peu près dix mètres de haut, avec une hélice qui fait 5,40m. On va appelé l'air qui est plus chaud en altitude et dégager l'air froid qui se trouve au niveau des souches de vigne. Dans le cas des gelées de printemps, on peut gagner au minimum 1,5 degré. Mais comme en ce moment  il s'agit de gelées noires, dignes d'un mois de mars, l'amplitude est beaucoup plus faible : 0,8 à 0,9 degré", précise-t-il.

"Il faut voir l'évolution du bourgeon". De là à sauver ses plants ? "Pour moi, c'est limite mais il faut plusieurs jours pour voir l'évolution du bourgeon, voir s'il grandit, s'il n'a pas un changement de couleur", ajoute Franck Jobert.


eloienne

L'éolienne implantée au milieu du vignoble. (Europe 1)