Le retour aux 39 heures divise une entreprise de Moselle

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Le retour aux 39 heures divise une entreprise de Moselle
@ PATRICK HERTZOG / AFP
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La direction propose aux salariés de travailler quatre heures de plus par semaine, pour une compensation de 120 euros brut par mois.

A quoi peut-on renoncer pour conserver son emploi ? La question est directement posée aux ouvriers de l'usine Smart à Hambach, en Moselle. Le retour aux 39 heures leur est en effet proposé pour garantir l'activité du site, menacé par la concurrence des pays de l'Est. Le journaliste d'Europe 1 a pu se rendre compte à quel point les discussions sont agitées en interne.

"39 heures, c'est le retour à l'esclavage". Les 800 personnes qui travaillent sur le site ne parlent pas d'une seule voix, loin de là. Deux camps s'opposent. Pour le premier, la proposition patronale est une régression sociale, voire "une grosse "arnaque". "39 heures, c'est le retour à l'esclavage", juge un salarié. "Ce sont tous nos acquis qui vont être supprimés. On va revenir 50 ans en arrière", s'inquiète un autre. "On va travailler plus pour gagner moins", résume une dernière.

Pour le moment, la proposition patronale est de travailler quatre heures de plus par semaine, pour une compensation de 120 euros brut par mois, soit une augmentation du temps de travail de 12% et une augmentation de salaire de seulement 6%.

"La pérennité des emplois, ça pèse dans la balance". Du côté des syndicats, c'est l'embarras qui domine : "à la base, bien sûr que c'est une régression sociale. En France, le travail, c'est 35 heures. Mais, à côté de cela, il y a la pérennité des emplois et ça, ça pèse dans la balance", explique ainsi Mario Mutzette du syndicat CFE-CGC. Car la "menace", - le mot a été employé par le DRH de l'usine - est bien réelle et vient d'un autre site du groupe en Slovénie. "Si les syndicats refusent, les employés paieront un jour ou l’autre le prix d’un serrage de ceinture important. Il faut éviter un drame social", affirme une source proche de la direction, citée par le site Loractu.

"Moi, je ferai n'importe quoi pour avoir un emploi !" Si certains salariés parlent de chantage à l'emploi, d'autres sont plus pragmatiques. C'est le cas d'Alain : "moi, je ferai n'importe quoi pour avoir un emploi ! C'est ça le souci. Il faut acheter son pain, tous les jours, il faut manger. J'ai été sept ans au chômage. Dans le monde du travail, actuellement, il ne faut pas être trop gourmand". Et d'ajouter : "moi, il faut que je travaille, donc je suis prêt à tout !"

Une ultime réunion de négociation est prévue mercredi après-midi. Elle s'annonce houleuse.